What about my feelings?

J'écrirai tout ce qui me passe par la tête.

14 sept. 2009

Angelique a Calgary, ou comment je ne fais plus de blogues de voyage. Si je decompresse autant au premier degre, c'est davantage pour me souvenir des sensations, de ma naivete, de mon egocentrisme. Je relis mon Manitoba et je revois la fille de 15 ans que j'etais. Je relis le debut de mes feelings et je revois la depressive perdue dans ses pensees, nichees au haut de son ignorance. Je me relirai peut-etre en voyant bien que tout ca ce sont des balivernes.

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C'est peut-etre mauvais ou sain aussi; relire, et penser que finalement, ca ne vaut rien et que tout s'etiole, passe, disparait.

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Je n'ai pas dormi une minute de la nuit; trop occupee a faire des cds. C'est parce que j'aime ma mere, je pense bien, mais probablement parce que la musique me parait toujours meilleure ailleurs qu'ici. La musique colore un paysage. Et elle familiarise l'inconnu.

J'ai pris l'avion : post google maps je n'interprete plus ce que je vois comme avant. J'ai l'impression que l'imagerie satelitte a casse ma capacite a m'emerveiller.

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Arrivees a destination vingt minutes d'avance, l'auto de location, elle, a une heure de retard.

Ma mere et moi avions convenues de faire quelques courses : cartes de la region, mouchoirs, ustensiles. Mais rendu au centre d'achat, ma mere veut un costume de bain pour se baigner dans les sources thermales. On en magasine (super colore, pas noir, hippie, pas cher) une bonne heure au Sears, on retourne bredouille : ma mere est aussi exigeante envers les costumes de bain que je le suis envers mes pretendants. Elle se cherchait aussi une serviette pour porter des documents - introuvable au Quebec selon ses criteres de dimensions et de couleurs, on passe une bonne demi-heure a faire les magasins de sacs. Finalement, rendu au supermarche, on reussit a faire une epicerie complete satisfaisant notre nomadisme en inversant les principes ecologiques de base : beaucoup d'aliments suremballes permettent de vivre convenablement pendant une semaine sans frigo. Puisqu'on est super exigeantes toutes les deux sur ce qu'on mange, on passe une heure a comparer la teneur en proteines de ceci, en fer de cela, en fibres, en sodium, en calories...

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Genre, la, si je me relis, je me trouve trop critique envers ma mere. Elle est aussi - sinon plus egocentrique que moi - et ne s'en rend jamais compte. C'est pas de sa faute - elle en a assez souffert comme ca. Je pourrais tres bien, juste comme ca, par intelligence, comprendre et vivre et accepter ses defauts. Mais comme on est pareilles, plutot, je me revolte :

Je voulais voir Drumheller ou le Dinosaur Park. Je voulais voir les hoodos, je voulais voir le desert, je voulais voir des fossiles. Le but de l'apres-midi, au depart, c'etait de prendre la voiture a midi et de faire au max, une demie-heure de course et repartir a l'aventure. Le soir, on devait rentrer a l'auberge et contacter Martin, connaissance de ma maternelle.

Mais ma mere a magasine. Et apres nos quatre heures au centre commercial, il etait trop tard pour voir des formations geologiques uniques. Fallait contacter Martin. Souper. Rester a Calgary.

Sa raison pour magasiner : on magasine tout le temps en voyage.
Je veux bien, mais une ou deux fois, sur le chemin du retour, chez des artisans locaux. Je ne veux pas reproduire mon quotidien, je veux le sublimer. Acheter a Montreal, acheter a Calgary, c'est pareil, c'est un geste de consommation. Les hoodos, c'est pas pareil. Les canyons n'ont plus. Je vais les voir dans les films de Eastwood, je vais les admirer sous les cliches de photographes amateurs, mais je pourrai pas y toucher, l'experimenter.

Ma mere me dit, ca s'en vient, on le fera, en revenant - je suis toujours une vraie septique : de la merde rassurante, je dis, on aura pas le temps de faire tout cela - notre salut etait aujourd'hui.

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Le drole, le bizarre, le frustrant : Martin peut pas, ce soir. Y'avait pas de raison de rester a Calgary.

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On a mange, on est sorties sur la rue. On a pris le tramway pour le kick : on n'avait jamais pris le tramway. C'etait gratuit. Calgary la grande a une tour phallique et des rues miroitantes. Elle a une riviere qui separe des arbres en beton des arbres en vie. Mama est deboussolee, elle qui ne reconnait jamais ses points cardinaux.

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A cote de moi, il y avait un anglo, je crois bien, qui ecoute des clips de la Chicane. Je ne sais si c'est pour m'impressionner - moi, sa voisine d'ordi d'auberge de jeunesse ou alors si c'est parce qu'il aime vraiment ca. Il a enchaine avec du pop-rock anglo. Je ne sais pas trop si c'est bien, de passer plusieurs minutes payantes sur youtube plutot qu'a contacter ses proches.

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Maitre-associe m'a communique une liste de questions a repondre. Je me demande si je suis une gauche ou droite de l'education et si les gens saisissent bien la vivacite des autres. Les ficelles, les ficelles, les ficelles...

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