*************** Jour 2 ***********
Si je me relisais, je m’effacerais.
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Parfois je me dis que tout le reste est inutile. On peut vivre en mangeant, en sécurité, en étant propre, changé, bref, en répondant avec la pyramide de Maslow. Le reste est virtuel, inutile, futile. Le reste, c’est un monde monté sous toutes les coutures.
Au contraire, y’en a d’autres où je combats la vie primaire ; je cherche les idéaux, je planche sur les Lumières, je promeus le monde intelligible.
Je ne sais pas, je ne sais plus. Tout est peut-être dans une crevasse dans un entre-deux.
Non, en fait, je pense que je peux préciser ma pensée. Ce que j’ai toujours dénoncé, c’était de voir le système au premier degré, de ne pas le requestionner, de ne pas saisir le Spectacle derrière, les rouages qui s’y trament. Il faut de la pensée, il faut de l’analyse pour tout ça. Et reconnaître le spectaculaire, qui est création de toute pièce, ça nous permet aussi de remettre la vie sur le plancher des vaches. Je me répète. La vie est très simple, la complexité vient des humains. Mais comprendre cette complexité ça prend un fucking de bon cerveau, parce qu’au départ, on pense que le culturel est réel – et pire je dirais ! – on croit que le culturel est vrai.
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Mes rêves sont tellement le reflet de mes angoisses et de mes questionnements ; en rêvant, je peux savoir ce qui me préoccupe réellement. Cette nuit, j’apprenais qu’on était tous habités par des extra-terrestres, un peu comme des entités, des fantômes, des parasites qui nous contrôlaient comme des pantins. Son extra-terrestre marchait, jouait et était très malins, mesquins même – tout le contraire de l’homme en scaphandre. En général, ils se moquaient de nous. Ils trouvaient nos préoccupations bien idiotes, nos contradictions incohérentes, nos pléonasmes malsains. Mon extra-terrestre à moi était plus petite, cheveux un peu à la Demi Moore dans mon fantôme d’amour (une dérivée de la coupe champignon), lesbienne, beaucoup plus mince, un peu plus jeune aussi, 20 ans. Elle reflétait ce besoin de ne pas grandir, mais aussi l’impression de ne pas avoir l’apparence que je mérite. À table, sa blonde paraissait étonnée : « tu n’es pas lesbienne ? c’est drôle, tu as vraiment le look ». Sa mère, en m’entendant, était prise d’une forme de compassion et de pitié à mon égard. Je réfléchissais mieux que le reste de l’épais du genre humain et aimait probablement ma franchise. Tu cherches un homme, tu veux un chum ? Pourquoi ? Je suis en manque de sexe, je lui ai dit. Elle m’a organisé une date pour la soirée, pour avoir un amant extra-terrestre – eux, ils se foutent un peu des normes, comme les vampires de True Blood. Pis ils aiment baiser, pis ils se foutent de mon apparence.
Mon rêve aurait pu s’épicer – bien que le gars semblait ordinaire, de prime abord. Je l’aurais probablement fait, je voudrais tellement pouvoir répondre au besoin. Mais comme dans le monde réel, je me suis réveillée.
Ouais, je voudrais bien qu’on me donne la chance d’être lesbienne ; en attendant, peut-on me donner des lasphul à crues ?
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Héhé, j’ai hâte de voir si écrire lesbienne et baiser dans une seule entrée fera augmenter mes côtes analytic. Je suis prof, je me suis tout de même censurée. Très franchement, nope, je pense que je resterai aussi pas lu qu’avant. D’abord et avant tout parce que ce que j’écris est fait pour moi, pis aussi beaucoup parce que c’est mauvais. Et c’est très bien comme ça.