What about my feelings?

J'écrirai tout ce qui me passe par la tête.

26 nov. 2009

Soirée productive. Va falloir que je recommence la même routine. J'en reviens pas. J'ai même envie de continuer à lire Salinger après!

J'ai retravaillé des scènes, j'en ai coupées - certaines servaient pas tant le récit. J'ai ajouté des trucs factuels.
J'ai changé la dernière scène entre Stéphane et Isabelle. Je veux un premier mini conflit, pour qu'elle se départisse de l'image de l'homme idéal, déjà. J'ai couplé avec mes aspirations du moment. Pis je veux pas les envoyer tout de suite en première date, je trouve qu'on peut mieux exploiter le clavardage comme médium, il me semble.

J'pense que le début de la converse est trop intello. Je me fais plaisir. De toute manière, dès le départ, le scénario est mauvais. Si j'en retire rien sauf mon plaisir, c'est mal parti.

***


1- INTÉRIEUR JOUR. STUDIO.

ALEXANDRINE : Jeune fille 20 ans, cheveux rouge teints, délavés, droit, mais avec du volume. Yeux verts. Sans maquillage, très normale, imc de 26, naturelle. Fille d’un député agriculteur, mélange le meilleur et le pire des deux mondes.

REPORTER : Hors champs, voix grave, professionnelle, mais épuisée.On tourne un documentaire sur la vie d’Isabelle.

ALEXANDRINE
(répondant au reporter, passionnée)
Isabelle? Quand je l’ai rencontrée? Au secondaire. Était brillante. Je me souviens qu’on parlait des résultats en Floride. C'tait tellement n'importe quoi. Les machines étaient vieilles, fuckées. Y'avait des problèmes 'ek les bulletins. Pis la loi était weird aussi. Faque quand y'ont voulu recompter, c'tait juste comme 3-4 comtés. Pis là, Gore a demandé à Cour Suprême d'la Floride - c'tait Démocrate ça - de r'compter plus que ça. Mais là, les Républicains d'la Cour Suprême des États-Unis sont allés dire que c'tait inconstitutionnel c'qu'avait dit la Cour Suprême d'la Floride. Mais en même temps, ç'aurait dû être Gore qui gagne. Y'avait ben plus de voix aux États, quelqu' chose comme 500 000. C'tait comme quand les libéraux ont perdu d'vant les Péquistes, pis qu'on avait eu plus de vot'. En tout cas, c'est le système qui a à changer, parce que là, la démocratie. Le système une tête, un député, ça empêche les tiers-parti d'avoir un pouvoir pis en même temps, le système proportionnel, ben, c'pas assez stable, avoir des coalitions partout, tu peux pas être le boss 'ec plein de mains su'l volant, comme Charest a dit pis, moi j'pense que la démocratie directe c'est...

REPORTER (H/C)
(la coupant : peut être fait avant)Et Christophe?
ALEXANDRINE
Ah! Qui? Ah! Mon Dieu! Christophe pis Isabelle. C’est le couple parfait! Un homme tout droit sorti de ses rêves!
REPORTER (H/C)
Et ils se connaissent depuis...
ALEXANDRINE
Bah, je sais pas, je les ai toujours vus ensembles. C'est des amis d'enfance, j'suppose. Aucune idée.
REPORTER (H/C)
Ok. On reprend, tu me résumes tout ça en 30-40 secondes, le plus naturellement possible.
2- INTÉRIEUR SOIR. CHAMBRE OU BUREAU.

ISABELLE : alias Canneberge. Fait de l’embonpoint, fille normale mais intelligente, allumée, curieuse, bavarde. Manque de confiance en elle.
STÉPHANE : alias Isocèle. Jouflu, barbe, ordinaire, yeux bleus, pantalons sports. Qualités psychologiques semblables à Isabelle.
Isabelle et Stéphane clavardent pour la première fois ensemble. On voit Isabelle ajouter Stéphane, puis débuter la conversation en commentant son statut. Le courant passe bien.
«
Canneberge
C’est pas vrai! Toi aussi tu aimes Camille!
Isocèle – The money noooooote
Oui! J’aime surtout son 2e cd. J’l’ai écouté pendant 10 mois de suite.
Canneberge
Moi j’l’ai vue aux dernières francos, à son show gratuit.
Isocèle – The money noooooote
Moi c’tait deux semaines après.

Canneberge
J’pensais c’tait juste à moi que ça arrivait, d’être en retard par rapport au show. Moi j’ai manqué la tournée d’Amnesiac, à l’époque je commençais juste à découvrir Ok Computer.
J’aime beaucoup la polyphonie de Pâle septembre, la structure de la chanson est cool aussi, j’aime pas quand c’est toujours couplet-refrain. J’aime quand on joue avec la chronologie – dans les films aussi.
Isocèle – The money noooooote
Pâle septembre est ma toune préférée de Camille.
Donc t’as vu 21 grams, je suppose?
Canneberge
Yep! Et Memento, Babel (ah! les scenarios de Arriaga!) et...
Isocèle – The money noooooote (la coupant)
Magnolia.
Canneberge (une seconde plus tard)Magnolia.

Isocèle – The money noooooote... Moi c’est Stéphane, en passant.
»
3- EXTÉRIEUR JOUR. COUR D’ÉCOLE.

ISABELLE ENFANT : Petite fille, environ 7 ans, cheveux blonds, bouclés, yeux bleus, brillante, curieuse, mais rejetée, éprouve des difficultés sociales, aime avoir l’attention
CHRISTOPHE ENFANT : Garçon, 7-8 ans lui aussi, cheveux bruns foncés, ordinaire, mais curieux, vif, intelligent
LES ENFANTS : Ordinaires, habituels, cruels sans le savoir ou le souhaiter
Isabelle, timide, s’approche d’un groupe d’enfants.
ISABELLE
Est-ce que je peux jouer avec vous?

Premier groupe d’ENFANTS
Oh! Isabelle la poubelle! Isabelle est pas belle! T’es pleine de poux Isabelle. Attention, alerte aux poux, Isabelle est là! S.O.S Alerte aux poux! (on entend les enfants imiter une ambulance et rire)
Les enfants partent à courir, ceux qui sont autour d’Isabelle s’éloignent, d’autres font des grimaces pour qu’Isabelle tente de les attraper. Isabelle les ignore. Elle regarde au sol, triste et se dirige vers une balançoire libre.
Second groupe d’ENFANTS
Oh, ça pue! Tassez-vous, Isabelle s’en vient.

Les enfants s’éloignent en se bouchant le nez et en grimaçant. Isabelle prend place sur la balançoire, l’air triste. Christophe s’avance tranquillement, pour qu’Isabelle le remarque bien puis s’assoit.
CHRISTOPHE
Y sont cons, sté, c’pas grave, laisse-les faire.

Isabelle se tourne, prend une pause, observe Christophe, puis répond, une fois ses intentions pacifiques établies.
ISABELLE
Tout l’monde me dit ça. J’sais pas comment.

Les deux enfants se balancent un peu. La première cloche sonne. Les deux sautent des balançoires. Christophe sort un livre de sa poche et le remet à Isabelle.
CHRISTOPHE
T’es pas obligé d’être dans leur gang à eux, sté. Tiens, un livre de Denis Côté. Au moins ça, c’est méchant pis épeurant!

Christophe s’éloigne pour rejoindre son rang.
ISABELLE (en criant)
Heille, comment tu t’appelles?

CHRISTOPHE (en criant et en courant)
Christophe!

4. INTÉRIEUR JOUR. GYMNASE.

ISABELLE ENFANT
LES ENFANTS
MICHAEL LAJOIE ENFANT : Enfant normal, yeux bleus, cheveux bruns, ni populaire ni impopulaire, dans la moyenne
ENSEIGNANT D’ÉDUCATION PHYSIQUE : Un peu bedonnant, bon gars, cheveux gris, barbe
Au cours d’éducation physique, Isabelle exprime ses angoisses devant le groupe, sous la direction de l’enseignant. Les élèves sont assis en tailleur par terre.
ISABELLE ENFANT
(s’embarquant un peu dans un récit narcissique, comme le fait tout enfant)Quand vous me dîtes des gros mots, ça me fait de la peine. Y’a personne qui veut jouer avec moi. J’aimerais ça avoir des amis. Je suis pas méchante avec vous, je comprends pas pourquoi vous voulez pas être ami avec moi.
Vous dites que je suis poche. Je sais que je sais pas comment attraper le ballon. Mais si y’a jamais personne qui meul’ lance, je vais jamais apprendre comment attraper. C’est tout le temps les mêmes qui ont le ballon, c’est pas juste, moi aussi je veux jouer.
Plus tard, dans le même cours, Isabelle tente de se démarquer en jouant au basket-ball, dans son cours d’éducation physique. Michel lui lance le ballon, par compassion et par pitié.
5. INTÉRIEUR SOIR. CHAMBRE OU BUREAU.

(Intégré à la précédente? Comment?)
ISABELLE
Isabelle ajuste le cadrage de sa webcam. On voit une vidéo diffusée sur youtube.
ISABELLE
(Isabelle le dit d’un ton trop détaché, comme si ça lui faisait encore mal mais qu’elle voulait le dissimuler.)
Bon, ben je vais commencer ma diffusion, vlog 1 sur youtube, titre : Michael. Mon premier amour, ou ben, sans parler d’amour, mon premier kick, disons, c’tait Michael Lajoie. J’pense que c’t’à ce moment-là que ma vision, ma conception, ma perception du « phénomène amoureux » s’est un peu déformée. Quand j’tais jeune, enfant j’veux dire, c’tait pas compliqué, on m’aimait pas. C’tait pas trop d’ma faute, j’tais différente, je cherchais l’attention, j’comprenais pas trop comment dire les choses aux gens...
Donc on m’parlait pas, on m’ignorait, on m’niaisait souvent, mais en tout cas, on m’aimait pas. Pis Michael, ben Michael a été le premier à me passer le ballon dans le cours d’éduc. Pis quand j’y pense ben, il me l’a passé pas parce qu’y m’aimait, mais parce que je faisais pitié. Il voulait être gentil, c’tait tout. Mais moi, depuis, j’ai pensé que quand on était gentil avec moi, c’parce qu’on m’aimait. Mais sapristi, c’parce qu’il y’en a beaucoup de gars gentils! Avec le temps, on s’rend ben compte qu’y sont gentils parce que c’est socialement acceptable, c’est ce qui est recherché, convenu. À partir de vingt ans, on arrête d’intimider les gens, j’veux dire, en face à face; on est gentil, juste parce que c’est normé, c’est tout.
6. INTÉRIEUR JOUR. STUDIO.

PASCALE : Jeune femme athlétique, cheveux et yeux bruns, petite, souriante, optimiste, joviale, habillée normale, confortable
REPORTER

On poursuit le documentaire sur la vie d’Isabelle.
PASCALE
Isabelle, Isabelle c’est ma meilleure amie. On s’connaît, on s’connaît ça fait un boutte. A s’faisait garder chez nous, par ma grand-mère. A toujours été spéciale. Elle m’a toujours aidée à l’école, pour m’expliquer tout, en sciences et tout. Est très intelligente. Elle a toujours eu la main levée à l’école, a voulait répondre à toutes les questions, c’tait plus fort que elle.
(Il y a une légère pause dans le ton, on sent que la scène a été coupée puis recollée.)Christophe pour elle... a pouvait pas avoir de meilleur gars. J’pense qu’y se sont toujours connus. Y’étaient souvent ensemble, y’ont toute découvert ensemble. Chris pis Isabelle ont commencé à écouter de la musique fuckée ensemble, y’ont commencé à regarder des films fuckés ensemble, à jaser de trucs compliqués ensemble. C’est vraiment des âmes soeur, dans le sens de... d’âmes jumelles, je dirais. Y se complètent tellement pis y se ressemblent tellement, pis y se sont influencés tellement... Je pourrais pas les voir séparés, c’est vraiment une relation fusionnelle qu’ils ont, c’est très spécial, on voit vraiment pas ça chez tous les couples, ça.
7. INTÉRIEUR SOIR. CHAMBRE OU BUREAU.

ISABELLE alias Canneberge
STÉPHANE alias Isocèle
Isabelle et Stéphane poursuivent leur clavardage. Isabelle est choquée par la franchise de Stéphane, qui la met à l’épreuve.
Isocèle – Un opaque autohomme
Hey!
Canneberge – Mon rêve dort encore.
hey!

Isocèle – Un opaque autohomme
Tu lis quoi aujourd’hui?

Canneberge – Mon rêve dort encore.
Je lis des choses. Des revues, des magazines, des trucs. Comme Palin.

Isocèle – Un opaque autohomme
T’obtiens pas mon vot’ de mêm!

Canneberge – Mon rêve dort encore.
Ok, ben pour dire vrai, je fais ma geek freak et fuckée. Je lis une étude qui décrit les risques environnementaux de l’élevage du saumon sauvage.

Isocèle – Un opaque autohomme
Tu lis une étude qui décrie l’aquaculture?

Canneberge – Mon rêve dort encore.
Je lis une étude qui souscrit à la pensée critique poisseuse.
Isocèle – Un opaque autohomme
Je lis du Rappaz. C’est bon.

Tu connais?
Canneberge – Mon rêve dort encore.
Nope.
Isocèle – Un opaque autohomme
Tu connais Entendu à Montréal?
Canneberge – Mon rêve dort encore.
Yep. Y’avait des histoires tordantes de tondeuses.
Isocèle – Un opaque autohomme
Bon, c’est le même gars. Il a un blogue. C’est absurde, irrévérencieux, con. Il écrit bien. Il est probablement épais. Je suis sûr qu’il a couché avec ben des filles ! J
Canneberge – Mon rêve dort encore.
!
Isocèle – Un opaque autohomme
Gard, c’est not’ ambition, coucher avec ben des filles, faut pas seul’ cacher.
Canneberge – Mon rêve dort encore.
Euh, oui, ben sûr. J’vais faire semblant que j’admire ta franchise.
Isocèle – Un opaque autohomme
J’te dirais que c’est un beau cadeau que j’te fais. Y’a pas beaucoup de gars qui donnent l’heure juste.Va donc lire son site. Après, quand t’auras fini de faire ta snob de vierge offensée, viens me voir, si t’as aimé. Moi c’est mon idole. Je l’ai même stalké l’aut’ fois, j’ai jamais fait ça, mais pour lui, oui.

Canneberge – Mon rêve dort encore.
Ouin. On verra Stéphane.

25 nov. 2009

Recette du stalking internaute, réflexion en vrac :

- Si on connait le nom, commencer par le chercher dans un agent recherchiste populaire.
- Si on ne le connait pas, commencer par chercher le pseudo ailleurs.
- Vérifier si le prénom/nom de la personne est utilisé ailleurs. Regarder dans l'historique des conversations sur des sites sociaux. Rechercher sur youtube, vimeo, blogger, wordpress, myspace, facebook, flicker ou autre des traces des quelqu'uns.
- Au cas où rien n'est mentionné, ou encore, si les pseudos sont variés, chercher grâce au groupe d'amis de la personne.
- Avec une adresse courrielle, on peut stalker possiblement sur les fesses ou les espaces. Joindre les deux.
- Ajouter la personne sur les mécènes au cas où elle accepterait tous les candidas albicans. C'est peut-être la bonne, tout de même.

Si rien de tout ça fonctionne, considérer le fait que merde, les gens ont autant le droit que moi à leur vie privée.
Se demander aussi jusqu'à quel point on peut être aussi centré sur soi pour cibler les autres. J'aime pas ma vie, mettons.

***

Recette de stalking pour un organisme public pour fins de statistiques sur la récupération des matières résiduelles (pcvpm) dans les immeubles à logements de 8 et + :

- Commencer par appeler, pour voir si les coordos du proprio ou du concierge sont les bonnes.
- Le cas échéant, mettre à jour la base de données.
- Faire semblant de croire le concierge qui dit dans un anglais approximatif que oui oui, on recycle ici, alors qu'on a visité l'immeuble pour fin de salubrité il y a deux mois.

Si la première étape n'a pas fonctionné, il faut...
- Chercher le propriétaire dans le rôle foncier de la ville de Montréal.
- Avec le numéro de la compagnie à numéro et/ou l'adresse, faire une recherche dans le registre des entreprises du Québec.
- À l'aide des renseignements, chercher le proprio dans la liste de tél du canada411 et d'autres compagnies similaires. On peut chercher aussi à partir de l'adresse.
- Chercher aussi l'adresse sur les sites de location de logement. Avec un peu de chance, on peut retrouver le no du prop ou du concierge qui voulait louer à des quelqu'uns.
- Contacter le proprio. Éviter de faire des appels les jours fériés juifs, musulmans, chrétiens, bouddhistes ou hindous. Les gens répondent bête parce qu'on comprend pas leurs coutumes pis que ça se fait pas de faire des affaires lors d'une fête religieuse, voyons!
- Se faire engueuler dans un anglais approximatif parce que notre anglais est approximatif pis que le français c'est une langue très laide, peu usitée et très difficile à apprendre.
- Si ça ne fonctionne pas, il va falloir faire une visite de reconnaissance sur le terrain, en vérifiant bien si tout va bien. On peut récolter les numéros de téléphone affichés à l'extérieur. Pour rentrer dans l'immeuble, sonner un à un aux sonnettes de chaque résident. Prévoir de faire la jasette à une personne âgée et sénile, qui s'ennuie trop et qui aime donner des pommes.
- Mettre à jour la base de données.

Prévoir que les gens pensent qu'ils ont une vie privée. Dans les faits, en tant qu'organisme para-public, on fait tout notre possible pour le bien du plus grand nombre. Ça veut dire qu'on espionne pour voir ce que vous jetez dans vos poubelles. On est payés pour ça.

***

J'ai toujours rêvé d'être détective ou recherchiste télé.
Ça faisait un bout que je voulais m'enfermer dans ma bulle.
Guillaume est arrivé. J'ai fermé brusquement le haut-parleur qui criait du Britney qui comptait jusqu'à trois. J'oserai jamais dire que j'aime les pop; que les artifices sont tellement grotesques qu'ils fascinent. Pis que je suis crissement banale, dans l'fond.

Guillaume est venu nous libérer de notre montagne de déchets. J'ai sorti les ordures avec mes pantoufles de MEC - les si-chaudes en duvet.
T'as beau être végétarienne, le caneton, c'est chaud.

Guillaume a ramené des films. Il est allé chez la Grande. Il est content, parce qu'il semble qu'ils aient renouvelé leur collection en Criterion. Il m'a parlé d'un réalisateur français au nom anglo qui a fait un film culte mais qui est trop court. Il l'a loué. Y sait pas s'il va le regarder ce soir ou non. Il disait ça en ramassant les bouts de papier du trop-plein de la récup tombés par terre. J'ai fait semblant de l'aider; l'espace est devenu restreint, j'ai simplement profité de la converse facile.

Je voulais profiter du coloc. Je voulais profiter de l'humain. Mais je voulais m'isoler.
J'ai peur qu'à cette seconde, ça ne soit plus la compo mais la compo. Je sais - je savais que dans l'environnement je pouvais avoir la tique, j'aurais pu être piquée par l'écrit. J'avais qu'à me forcer, à sonder la sphère.

Je suis sortie, gros kanuk rouge. Je suis allée porter le Harry loué pour les petits, pas remis par temps et par paresse. Dette : 28$.
L'avant-veille j'étais allée portée trois films à la boîte noire. Dette : 60$.
Puis aujourd'hui j'ai réglé autre chose. Dette : 33$
Je devrais apprendre à courir après les temps. Je suis pas assez gratte-cenne.

J'ai manoeuvré contre l'humain, contre la terre. Deuxième coupe, mon plein de sucre, des calories jetables. Du mocaccino, un biscuit chocolaté, un autre truc lourd, trop sucré, qui ferait probablement honte aux Anglais qui boivent du thé. Anyway.

22:24 : Le gars à côté de moi rouspète; je tape trop fort.

J'ai avalé mon butin à l'arrêt d'autobus - ça fait plus bohème, ça fait plus minable.

22:26 : Le gars à côté qui s'essouffle, je tape trop fort.

J'ai attrapé la 535. Un Chinois souriant. Je les embête. Ils paraissent naïfs, perdus. Sont super combatifs, très compétitifs. Ils profitent de l'empathie naturelle pour nous faire croire qu'ils sont désemparés, qu'ils ont besoin d'aide. Si ça se trouve, il est plus intelligent que moi et il va devenir médecin. Je l'emmerde. La Cave.
Quand j'ai pu, j'ai pris le siège au fond, dans le coin. C'est ma place à moi.

22:30 : Une fille chantonne derrière moi, par dessus son baladeur. Le gars qui tousse écoute de la musique dans des écouteurs. Je vois pas pourquoi mon tapage lui tape.

Sur la ligne verte, un gars indé s'est assis en face de moi. Je l'ai dévisagé à quelques reprises. Il m'a souri. C'est gentil.
Ce type avec des côtes d'ouate, sans graisse plein d'os, les lunettes carrées qui font in et contre-culture. Oui, oui, je suis sûre qu'il lit plein de romans et qu'il étudie à la luque ou à la gille.

J'ai cherché la cote à la Grande. Monté au premier. C843.6 R2213. Il est dans la collection nationale, qu'on m'a dit. Après les portes de verre.

C'est intimidant. On prend notre nom. On demande un numéro. On donne un cadenas.
J'ai monté au troisième. C'était au deuxième.
J'ai trouvé. Je trouve pas le tome 2. Je vais commencer par l'autre.
Je voulais lire comme une recluse. J'ai cherché un fauteuil. Y'en a pas. Je me voyais pas en face d'une table, près des étudiants. Finalement j'ai piqué un tambourinet pour les nains qui veulent atteindre les hauts échelons. Sans crier gare, j'ai percuté mon gros cul dessus, sans trop de bruit, une partition qui rythme mal mon isoloir. Je me suis installée dans les documentaires, le dos contre le mur pessimiste, entre les bovins et l'arthrite.

Je me suis bien gardée de transmettre mes coordonnées géographiques. Une fois, une noire préposée en violet (c'est si in et tout à fait hot sur du brun) est passée déposer des livres dans la section des bulbes. J'ai bien caché mes genoux, j'ai feint de pas être une obèse dans un coin de biblio. Ça a marché. Je voulais pas qu'on dénonce ma cachette. Je voulais pas qu'on annonce la mitraillette.
Par contre, pour bien marquer mon territoire, j'ai dessiné la mélamine noire de mon gras de doigt. J'ai écrit quelque chose comme jeune, le premier mot en tête. Je suis jeune - mais trop vieille, vraiment.

Le con, le sale. J'étais phoking arrogante. Il m'a laissé le loisir de mieux écrire que lui, quand je lui en ai envoyé. Mais il écrit sans fois mieux que moi. Ou il est vraiment abusé.
Au hasard des pages, j'ai laissé mon esprit vagabonder. À force de lire, j'ai erré ailleurs, j'ai pensé à ce que j'aurais pu transmettre, apporter.

Une heure ou deux plus tard, j'ai agi. J'ai descendu au premier. J'ai retrouvé un fauteuil. Personne dans la rangée. Ça prend des salles gardées pour ça.
Je me suis assise en face d'une table sur laquelle était déposée deux livres sur le Yi King. Ou autre chose. Bref, des livres sur le tarot binôme chinois. J'ai pris une page au hasard, pour voir ma destinée. On dit que si je veux me rapprocher d'une personne de laisser du temps, il peut agir. Ou sinon, que je devrais peut-être pas tenter l'expérience.
Deux secondes avant, je fantasmais sur des échanges épistolaires. J'envisageais encore une façon de l'apporter. J'abordais l'idée, mettons.

J'ai poursuivi ma lecture. Une cinquantaine de pages. Pas plus. Je rêvassais beaucoup. Ça m'a donné envie d'écrire. Le résultat est las. La fatigue mais la contemplation : j'avais pas réussi une écriture automatique depuis le ... sais pas. C'est bien. Je lui dirai, un jour qu'il répondra rien.

22 nov. 2009

Je trouve que le rythme est rapide, mais du reste, ce n'est pas bon.
Je ne comprends pas qu'on ne laisse pas de terrain pour que les personnages se développent, aient leur vie à côté de l'intrigue. Je n'y crois pas.
Tout ça est théâtral comme écriture, je crois. Le personnage n'est qu'un moyen, qu'une façon de développer une parcelle. C'est faux. C'est irréaliste.
Et là, quand on tombe dans le mélodrame et la psychopop, voyons, non.
Alors je ne comprends pas la presse. Je ne comprends pas ses bourdons. Il y a meilleur fait ici; ça rate sa cible.

***

Je t'écrirai. J'ai du temps, maintenant. J'essaie d'écouter, avant.

4 nov. 2009

Bonjour,
Je suis touchée. Je ne m'attendais pas à. Merci. C'est apprécié.

J'hésitais entre l'envie d'écrire pis de rester simple. T'as le choix. Y'en a pas une plus vraie ou fausse que l'autre, c'est juste deux facettes.
Pis tu restes plus que bienvenu dans le dialogue.

VERSION COURTE :

Je pense que la décision t'appartient. Moi, tout c'que j'répète, c'est que je m'y suis retrouvée, du coup, je m'y suis attachée. Pis que c'est rare.
Même chose pour l'ami Chabot.

J'me suis trompée, ou alors, je ne retrouve plus sur radio-can. Ce que je sais, c'est que cyberpresse a une fiche pour chaque candidat : ...

J'te joins une vieille converse inutile de Gargouillis, qui n'a pas eu de suite, finalement. J'ai d'la misère avec l'écriture automatique.

Au plaisir,

Angélique

VERSION HABITUELLE :

Je sais pas si ce sont des questions rhétoriques ou pas. J'vais faire semblant que non.
Si c'est la foule qui épuise - c'qui semble être l'hypothèse la plus probable - y'a moyen de poursuivre dans un contexte intime. Un carnet papier vert, entrenir des relations épistolaires (ça c'est ma solution, lorsque possible), un site sur invitation et p'tites passes, jouer le schizo dans un lieu public. Si c'est la flamme qui se tarit, j'reste sans astuces. Je sais pas trop quoi faire contre les sources qui s'éteignent, moi.
Ta question : est-ce qu'écrire est encore un besoin?

En résumé, pis pour répéter, plutôt, c'est qu'on développe un sentiment d'appartenance, on évolue avec.
J'pense que c'est probablement d'abord par pur égoïsme que j'voulais un accès complet subsistant. La conservation est p't'être pas une question tant de popularité ou d'importance stratégique, mais davantage de résonnance. Ça trouve écho chez moi. Pis chez tes amis, faut croire. Pis y'a un trop-aperçu; une caisse de gens populaires insignifiants, j'crois, en général. Pas là. Ou différemment. Anyway.

Dis bien, tu peux sincèrement t'en foutre - j'considère que c'est une attitude nettement plus admirable que son négatif.

Cela dit, j'avais déjà monté un fantasme militant à cet égard :
1- Me présenter au salon littéraire aux dernières heures. Me moquer d'hommages posthumes. Cueillir des pédagogies pour diversifier mes lacets transversaux.
2- Ensuite, m'époumonner sur un contre-ré éditorial devant le kiosque de la mari que mais... dia!
3- Exiger qu'ils te signent pour un best-of : de toute manière c'est dû, si c'est mort. Sans quoi je déverse de la dioxine dans un esker abitibien.*
Balloune pétée :
1 - T'as déjà vagabondé en solitaire, tel un Borat. C'est juste que je découvre tout sur le tard, encore une fois, pis que c'est maintenant indisponible.
2 - J'haïs les nuées d'abeilles pis de faux bourdons. Être là, ou aux Ailes, ou aux palindromes nordiques citadins, ça m'apparaît insupportable.
3 - Pis la vérité, c'est que je peux crissement comprendre ta décision.

J'ai fait un phallus (pulsas) involontaire, à cause d'une forte connotation radio-télé-internet-can=presse et à tévé= Journal. Mais ça se peut aussi que c'était sur le site étatique pis que je le trouve pu là là maintenant. Bref, cyberpresse constatait ta candidature, quatrième résultat du gogole ce jour-là. C'est tout. Le p'tit écran est absent de ma vie, j'ai juré fidélité et dépendance à mon cathodique.

Pour avoir sous-contracté pour la ville - en fait, pour le programme éco-quartier - j'en ai entendu quelques unes. Quelques peu compétents nommés là juste par népotisme, genre.
Du moins, notre budget était surveillé au centime près. Pour une plantation de fleurs, il fallait :
1 - Prendre en photo le site pour prouver qu'il est sans fleurs.
2 - Rephotographier le site pour prouver que le bon nombre de fleurs était planté.
3 - Rephotographier le site une semaine plus tard pour prouver que les fleurs n'avaient pas été volées ou détournées illicitement.
Yep!

S'te plaît. Insiste pour **, fais pression. J'ai beaucoup beaucoup aimé ce qu'il a écrit. Il me touchait dans mon coeur de p'tite fille.

T'as en prime une ancienne converse inutiles de gargouilles. Bonjour, je suis Carambole et je suis pas douée pour l'écriture automatique.

Au plaisir,

Angélique
* Idée piquée à un ami.

3 nov. 2009

Les serveuses sont mortes. Il n'y a pas eu tueries.

J'aime mes lubies.

2 nov. 2009

Pis les archives de Guillaume-coloc aussi. À partir de 2006, t'as de la viande, les messages d'erreur sont disparus. Va dans le 23 avril 2006 et lis le alors.

Phoque. J'trippe sur son cerveau.

Je suis incapable de lui parler normalement. Je suis trop intimidée par son intelligence. Il me pense très très probablement idiote. Et égocentrique.

Mes essais pour lui écrire ont jamais été concluants.

Mais, at least, j'ai maintenant accès à plus de 3000 cds et 300 dvds et un piano à queue. Et un coloc à l'oreille absolue qui me reprend ici et là en criant de la cuisine : Angélique, c'est un la, là!
Ne t'inquiète pas Geneviève, je t'écrirai.

C'est juste que je veux prendre tout le temps que tu mérites.

En attendant, épluches les archives de Rappaz, comme moi. Les premiers sont les meilleurs. Je crains qu'il en demande le retrait. Son site électoral est mort.

Chabot a tué ses trucs, lui aussi.

T'inquiètes pour le reste, tu peux écrire, tu le fais déjà.
Je cherche tout le temps mon autobiographie culturelle - que j'ai dû composer dans un cours. La voici, ça sera plus simple.

***

Introduction

Dans mon identity crest, j’ai émis l’hypothèse que mon identité était davantage liée à des valeurs qu’à une identité ethnoculturelle, sexuelle ou religieuse. En fait, je vois mon identité comme étant davantage le résultat de ces changements et de ces prises de conscience que d’un trait inné, acquis par une sorte de génétique sociale. Une introspection plus fouillée m’a permis de déterminer qu’il s’agit d’un processus de transformation et de questionnement identitaires constant qui a mené vers mon identité actuelle. Mon identité se veut plurielle, éclectique et hétérogène et comme je le démontrerai, basée sur les valeurs qui ont répondu à ces questionnements identitaires. Dans ce travail, je tenterai d’abord de démontrer les processus transformateurs de mon identité selon les périodes associées : volonté d’adhésion à la culture sociale dominante; rejet de la culture dominante pour la contre-culture et intégration et acceptation du caractère complexe et non définitif ou définitoire de mon identité. Dans chacun d’eux, j’expliquerais globalement les facteurs sociologiques et psychologiques qui ont menés vers ma transformation personnelle et les évènements marquants qui m’ont poussée à des prises de conscience. Finalement, j’expliquerai plus en détails en quoi mon identité s’est repositionnée.

Mon enfance et le début de mon adolescence : une volonté d’adhésion à la culture dominante

Mon enfance a été sujette au combat continuel entre ce que j’appellerais la micro-culture familiale et la culture de masse. Enfant, je ne savais pas quoi choisir entre les deux paradigmes, cherchant souvent à plaire – avec peu de succès – à l’un ou à l’autre. Il faut dire que j’ai grandi dans un milieu homogène, à Granby, où la moindre différence apparaissait sous une lentille grossissante. Je n’étais pas différente des autres, je semblais différente, ce qui causait le rejet. Je regrouperai ici les trois principales influences de mon enfance sur mon identité actuelle : l’influence sociale de la religion de mes parents, les convictions personnelles de mes parents, tous deux menant vers le troisième point, l’exclusion par mes pairs et les reproches de mes parents. Je tiens à dire que les exemples employés seuls peuvent se montrer banaux, mais c’est leur addition quotidienne qui m’affecta et me transforma profondément.

Mes parents font partie de la Fraternité Blanche Universelle, une secte aux enseignements divers fondée par le bulgare Omraam Mikhaël Aïvanhov, et m’ont élevés selon les préceptes de la secte. À des niveaux variés, ces croyances ont modifié le paysage de mon enfance, amenant nombres de conflits avec mon milieu immédiat.

Parmi les plus pertinents pour cette recherche, on retrouve un régime végétarien, s’expliquant par le fait que, selon la secte, une alimentation carnivore crée de la souffrance, bien mauvaise pour le karma (on se rapproche de la philosophie bouddhiste sur ce point). Mon régime alimentaire excluant toute viande rouge ou volaille, il fallait constamment demander d’adapter les repas fournis dans les camps de vacances, les sorties scolaires, les rencontres des scouts, bref, toute activité sociale. Cette différence était constamment soulignée par mon entourage et parfois la cause de railleries. Leur incompréhension était aussi due au fait que les adultes prenaient rarement ma défense – et cherchaient souvent eux-mêmes à me convertir vers un plus grand omnivorisme! – puisque le végétarisme allait à l’encontre de leurs croyances personnelles. À cette époque, je ressentais un gros malaise sur mon régime alimentaire et ce n’est vraiment que plus tard que j’ai fait le choix conscient d’être végétarienne (ou plutôt, de continuer à être végétarienne).

En plus, d’autres recommandations spirituelles éparses ont pour le moins influencées mon enfance : la musique moderne est un instrument du Mal, il faut s’habiller seulement de couleurs vives (le noir est proscrit), l’Halloween est une fête célébrant les esprits néfastes, se maquiller est très mauvais pour les énergies, il faut éviter d’être soumis à tout contenu médiatique violent, les cheveux sont des antennes, les roches sont vivantes… Je raconterai ici une anecdote particulièrement marquante, pour bien saisir la portée de la religion de mes parents sur mes activités enfantines. Lorsque j’avais sept ou huit ans, j’avais entrepris des cours de ballet classique, qui m’amusaient beaucoup. La classe exigeait d’acheter un justaucorps et des chaussons noirs. Or, je ne pouvais pas porter de noir, qui était, selon les croyances religieuses de mes parents, une couleur mauvaise pour mon aura. Ma mère m’a donc acheté un justaucorps et des chaussons roses. Cette seule différence entre moi et le groupe avait suffi pour que les enfants, leurs parents et la professeure développent un préjugé négatif à mon égard : on croyait à tord que je voulais être remarquée, être à part, attirer l’attention, alors qu’il s’agissait en fait d’un choix sur lequel je n’avais aucun pouvoir.

Il existe deux autres convictions parentales ayant marqué plus généralement mon enfance : la rigueur alimentaire et la limitation vestimentaire. Pour la première, mentionnons simplement que ma mère considérait les sucreries comme un œuvre des forces du Mal (littéralement!) et que leur consommation était très limitée. De prime abord, le facteur peut paraître anodin, mais de très nombreux conflits ont surgi avec la famille et la communauté élargies à ce sujet, ce qui m’éloignait de ces derniers. Par exemple, à une de mes fêtes d’anniversaire, il m’était interdit de manger mon gâteau préparé par ma grand-mère, alors que tout le monde avait eu le droit à une portion. J’avais été ensuite témoin de la dispute ayant suivi. Du reste, terminons en disant que mon père, gérant d’un magasin d’économie, ne permettait que nous puissions encourager la compétition. Je ne m’habillais donc pas à la dernière mode, alors que dans milieu (du haut de la classe moyenne), il était très mal vu par mes comparses de ne porter aucune marque. On me demandait constamment pourquoi je ne portais ni Nike, ni Adidas, comme tout le monde.
Si les choix de mes parents ont fortement influencé mon (non-) intégration sociale, quelques unes de leur conviction s’avéraient aussi positives. La première se situerait au niveau du développement de ma curiosité intellectuelle. Ma mère étant une femme cultivée, une féministe concrète, pour ainsi dire, m’a toujours encouragée à faire les activités qui me plaisaient, peu importe si leur pratique était socialement acceptée ou non. Ainsi, je n’ai jamais été soumise à des stéréotypes sexuels. J’ai pu jouer au camion, faire des sciences, adorer les mathématiques, faire des cabanes dans les arbres ou réaliser des mauvais coups sans avoir à être un garçon. Ma mère m’a poussée à essayer presque tout ce que je souhaitais essayer, à apprendre sur tout ce qui m’intéressait et aujourd’hui encore, j’en retire une grande curiosité intellectuelle – qui est d’ailleurs devenue une de mes valeurs - et une bonne motivation scolaire. D’un autre côté, j’ai reçu aussi la rançon de cette gloire : mes collègues de classe trouvaient souvent que je m’exprimais avec des mots trop compliqués pour eux (comme quoi il y a milles raisons qui amènent au préjugé)!

La seconde conviction se situerait au niveau des efforts exigés. Ma mère m’a toujours incitée à être la meilleure (possible) dans les activités que j’entreprenais. Si, plus jeune, je ressentais une pression de performance énorme, je peux dire aujourd’hui que, globalement, cette attitude m’a aidée. En tentant de faire mon mieux partout, j’ai réussi à développer un très bon rendement académique et à satisfaire mes employeurs. D’une certaine manière, j’ai incorporé la motivation externe (plaire à ma mère en étant meilleure) à ma motivation interne, à mon surmoi, au sens freudien.

Comme je l’ai mentionné à maintes reprises, mes différences, quoique minimes, du point de vue alimentaire, religieux, vestimentaire ou linguistique ont réussi à engendrer un sentiment d’étrangeté autour de ma personne de la part de mes camarades de classe. La discrimination était bien réelle et j’en étais pleinement consciente. Même au début du primaire, j’avais l’impression de ne pas fitter avec la culture dominante. Vers ma troisième année, j’avais expliqué à mon enseignante lors d’une rencontre avec les parents que j’avais l’impression que le monde était comme un carré (un cadre), mais que je me sentais incapable d’y rentrer. À la fin du primaire, mon école avait monté un programme sur l’intimidation, où une enquête à l’aveugle devait cerner les élèves les plus exclus. J’avais été en tête des palmarès et j’avais reçu alors un soutien psychologique important (qui m’a par ailleurs beaucoup aidée). Ce sentiment d’être autre m’a poursuivi longtemps, jusqu’au début de l’université. Il a aussi engendré une quête identitaire très grande : plus on soulignait que j’étais différente pour une raison donnée, plus j’essayais sans succès de me conformer à la norme donnée. À la maison, mes essais de conformation étaient vus d’un mauvais œil, puisqu’ils allaient souvent à l’encontre des croyances religieuses de mes parents, qui réprimaient alors mes actes. Je me sentais prise entre l’arbre et l’écorce, souhaitant me vouer à deux Dieux ayant des exigences contraires.
En route vers l’adolescence

À la fin de mon primaire, mes parents se séparent. Puisque j’étais en perpétuel conflit avec ma mère, je choisis d’aller vivre avec mon père. Il travaille alors environ quatre-vingt heures par semaine; il n’est pas très disponible. Puisque ma mère s’occupait de la discipline religieuse, je deviens alors tout à fait libre d’agir à ma guise. S’en suit alors une période faste de gavage culturel, où je goûte à toute la culture américaine jusqu’alors interdite. J’écoute à tous les jours CKOI, j’admire Musique Plus, je suis les épisodes de Dawson Creeks, je chante Jacynthe, je danse Britney Spears. Je lève quelques interdits : je me perce les oreilles, je porte du noir, je me teins les cheveux, je me maquille. Je me crois très rebelle, pourtant, même si j’ai les mêmes habitudes que mes comparses, je ne réussis pas à m’intégrer. Quoi que je fasse, les autres me renvoient toujours à l’image de la petite fille différente. Et dans les faits, j’étais devenue différente, puisque ma socialisation s’était faite bien à l’écart des autres.

De l’adolescence au début de mon université : rejet de la culture dominante en faveur de la contre-culture

En deuxième secondaire, je commence à me fatiguer de mon régime accéléré de culture populaire. En fait, je n’aime pas vraiment ça, je ne m’identifie pas à toutes ces idoles, pourtant, je sens qu’il faut que je le fasse. Parallèlement, puisqu’on me répète continuellement que je ne suis pas comme les autres, je décide d’agir différemment et de rechercher une culture sociale qui me ressemble davantage. Ce qu’il faut retenir ici, c’est que ma recherche d’une contre-culture ne venait pas en elle-même d’un besoin d’adhérer à un autre cadre de références, mais surtout en réponse à l’image qu’on me renvoyait de moi-même. C’est en quelque sorte la culture de masse qui a choisi de me placer dans une autre catégorie et je n’ai fait qu’acquiescer plutôt que de continuer à me battre. Je choisis deux contre-cultures principales, selon les âges, que je nommerai vulgairement : les nerdz et les gauchistes.
Internet et les nerdz

Vers ma deuxième année du secondaire, je me procure un ordinateur. Je fais le choix dès lors de devenir nerdz, suite au visionnement intensif des épisodes de la Revanche des nerdz, une émission produite par une petite chaîne spécialisée du réseau Astral Média, Ztélé. Les nerdz et Internet suppléeront mon manque de sentiment d’appartenance, le temps que je retrouve un certain prestige social, vers la fin du secondaire.

La revanche des nerdz porte sur l’informatique, les jeux et les nouvelles technologies. Je m’identifie rapidement à cette communauté, le sobriquet nerdz était associé à certains concepts auxquels je peux facilement correspondre : l’amour des sciences et des nouvelles technologies, la motivation scolaire, le rejet social et (!) le port de lunettes. Je deviens fan de l’émission. Je débute rapidement une double vie, où je passe au minimum deux heures par jour à discuter avec des internautes ayant des intérêts similaires aux miens.

Internet devient rapidement mon médium favori en étant la passerelle qui me permettra d’accéder à la culture alternative. Je m’engage vite dans une démarche d’exploration, qui sera d’abord musicale. J’abandonne les reines de la pop pour Moby, puis Ramasutra, puis Jay-Jay Johanson, Portishead, Radiohead, Autechre, Amon Tobin, The Herbaliser, Kraftwerk… Je développe alors une mélomanie sans borne envers la musique électronique. Ma curiosité artistique s’exprimera aussi dans d’autres domaines : je commence à lire Alexandre Jardin, Frédéric Beigbeder, Kafka, à force de recommandations internautes. Le Web m’amène aussi à connaître des films qui n’étaient pas disponibles dans ma ville natale : American Beauty, The Hours, The Virgin Suicides, Magnolia, Habla con ella, etc.

À priori, on pourrait penser que le Web fut un exutoire pour mes difficultés sociales. C’est en partie vrai, mais aussi en partie faux. En fait, retrouver des personnes aux intérêts semblables aux miens m’a permis de justifier mes goûts et de retrouver une résonnance, bien que virtuelle, aux réalités que je vivais. Je m’affirmais beaucoup plus et pour les premières fois, mes démarches semblaient vraies aux yeux des autres.

J’ai ce souvenir très vif de quatrième secondaire où j’ai reçu spontanément (à la suite d’un commentaire positif d’un élève me concernant) une ovation debout avec des applaudissements pour souligner ce que j’étais devenue. J’ai aussi obtenu par la suite de nombreux prix scolaires, pour ma personnalité, mon implication et mes résultats académiques. Mais je crois que je n’étais pas devenue différente, mais plutôt que les autres étaient rassurés de pouvoir me ranger dans une catégorie donnée, qui nous convenait réciproquement. On pouvait me sizer.

Le gauchisme

Même si mon appartenance à la communauté nerdz m’apporte beaucoup de satisfaction, je cherche encore une culture concrète qui pourrait m’accepter dans mon entièreté, avec quelque chose de moins artificiel qu’un intérêt pour l’informatique à sa base. Ma jeunesse me rend aussi très idéaliste et je veux alors bâtir un monde meilleur, sur des principes d’écoute, d’ouverture, de justice et d’égalité. Je cherche un groupe d’appartenance à la hauteur de mes ambitions. Je choisis donc d’être gauchiste.

Vers la fin de mon cégep, une grève générale illimitée se déclenche dans la majorité des établissements d’éducation postsecondaires de la province. Alors que je socialisais peu durant mes études collégiales – les sciences pures étaient peu faites pour moi et j’obtenais de mauvais résultats -, je décide de m’impliquer activement dans le mouvement de grève. Je découvre pour la première fois des altermondialistes, des gauchistes, des anarchistes, des environnementalistes. Leur philosophie de vie est d’emblée pointée vers la défense des opprimés et des personnes marginalisés. Ils sont fascinants, ils s’habillent de couleurs vives et font des stages humanitaires aux quatre coins de la planète! Avec eux, je suis acceptée dans toute ma complexité : même le végétarisme est à la mode!

Le choix personnel d’être gauchiste est le premier qui répond à la fois à mes valeurs et à mes besoins psychologiques. Je peux me sentir appréciée et aimée dans ce groupe social, mais surtout, peu jugée. C’est un grand changement.

Conséquences personnelles

Jusqu’ici, il est assez ironique de constater que pour la première partie de ma vie, j’ai lutté pour ne pas être différente et qu’on me rabrouait. Pour la seconde, c’est plutôt le contraire, je faisais tout pour être différente et on m’encourageait.

Cette toute nouvelle reconnaissance a aussi ses côtés négatifs : je m’enorgueillis. Je crois tout à coup que je suis meilleure car je suis différente, en comparaison avec mon attitude première : me penser inférieure car différente. Puisqu’il s’agit davantage d’une attitude mentale que d’un manque d’humilité dans mes actions concrètes, ça ne gène nullement mes interactions sociales. Mais ce conflit intérieur sera seulement résolu à la troisième étape de formation de mon identité actuelle, que l’on verra à l’instant.

Milieu de mon université : intégration et acceptation du caractère complexe et non définitif ou définitoire de mon identité

Jusqu’au début de mon université, j’avais opposé culture et contre-culture d’une façon manichéenne. J’avais développé intérieurement un sentiment de frustration entre la culture populaire qui m’apparaissait fermée sur elle-même et réfractaire au changement. Je pensais alors indépendante des courants sociaux qui pouvaient régir mon milieu. Mais une troisième prise de conscience me permet de mettre à l’épreuve mes conclusions. En premier lieu, mes lectures académiques questionnent ma division stéréotypée des classes sociales. En second lieu, je me rends compte, avec mes études universitaires, que je ressens bel et bien un sentiment d’appartenance envers mes pairs.

Vers la fin de mon cégep, toujours aussi avide de connaissances, je consulte le portail informatique du département de philosophie, qui recense les meilleurs sites pour explorer les confins de la pensée. J’y découvre la maison-page, un site d’un intellectuel français, qui commente de façon subjective les textes de plusieurs classiques de la philosophie. Je tombe sur une analyse du film Fight Club, qui dissèque le film sous trois axes : le premier, dit consommateur (culture de masse); le second, du Fight Club (contre-culture) et le dernier, ermite (indépendance, autarcie). Je me rends compte que mes choix culturels font aussi partie d’une grande culture, importante, avec ses propres préceptes; je suis tout autant manipulée par les magasines spécialisés que l’on peut être avilis par le Journal de Montréal. Je me crois différente, mais je suis pareille aux autres, seul change l’idéal de conformation.

Parallèlement, je me rends compte que je porte des jugements trop catégoriques sur les choix des autres. Dois-je vraiment me penser supérieure à cet homme en véhicule utilitaire sport parce que j’utilise le transport en commun? À moins de connaître tous les facteurs sociaux et environnementaux, il est impossible pour moi d’avoir un jugement éclairé et réfléchi sur le sujet. Ma vision s’avère réductrice et je souhaite la changer. Je veux laisser une plus grande place aux choix individuels. Je me dois d’éviter de catégoriser les autres.

Mes études supérieures viendront confirmer ces fraîches conclusions cégépiennes. À cet effet, l’université parachèvera mes derniers questionnements identitaires. En rejoignant ce milieu, je me retrouve avec plusieurs individus matures, qui ne jugent plus selon les critères habituels de l’école primaire ou secondaire. Le jugement par les apparences étant éliminé, il ne reste plus que l’essence même de la personne qui peut créer les amitiés (ou les quelques groupes sociaux existants). C’est ainsi que je m’aperçois soudainement de l’effet de cohorte. Les personnes que je côtoie ont vécu des situations analogues aux miennes, une éducation similaire, à travers un contexte économique donné. Le choix du même programme académique fait de nous une communauté d’intérêt. Il n’existe pas de barrière réelle entre moi et eux, sauf celles que je veux bien poser. Je décide alors tranquillement d’abaisser mes propres critères et d’annihiler les préjugés qui auraient pu subsister.

Une identité basée sur des valeurs

La réalisation de ma complexité identitaire (je suis si semblable dans ma différence) me permet de repositionner les critères auxquels je souhaite m’identifier. J’énumérerai ici une toute dernière cause de cette transformation : mon rapport avec les voyages et l’urbanisation. Elle me servira à mettre en perspective les raisons pour lesquelles j’ai choisi une identité basée sur les valeurs : d’abord, pour une raison utilitaire – je suis invisible! -, ensuite, pour me diriger vers l’essentiel – versus la superficialité.

Au cours de ma quatrième secondaire et de mon cégep, j’ai l’occasion de sortir du Québec. Je visite Chine, France, Angleterre, Allemagne, Belgique, Nord-Est des États-Unis et quelques provinces canadiennes. Parallèlement, mes études universitaires me demandent de déménager à Montréal, où je me sens très à l’aise. Je constate que je peux être moi, partout, en tout lieu, tout temps. Ce qu’il me manquait, au départ, c’était un feu vert inconscient qui retirerait les interdits que je m’étais auparavant fixés.

Le contact avec la réalité multiculturelle montréalaise change aussi ma perspective sur ma religion. Voyant autant de gens croire en des préceptes différents, je ne peux pas m’empêcher de considérer la religion comme étant un produit humain. Puisque le rapport que j’entretiens avec le mysticisme est problématique, je deviens rapidement athée, en choisissant plutôt l’humanisme comme nouveau cadre de valeurs.

En comparant les images écrites ou télévisuelles avec ma réalité quotidienne montréalaise, je remarque une réalité qui m’était étrangère jusqu’alors à Granby : mon groupe social est omniscient dans les médias. Étant caucasienne et francophone au Québec, c’est le passeport parfait pour l’invisibilité. Il faut dire que je ne me distingue pas par d’autres traits particuliers : je suis une fille bien dans sa peau, je ne démontre pas d’affiliation religieuse, j’ai un salaire moyen d’étudiante, je suis totalement neutre (au pis, je m’habille mal). Cette absence de référents culturels apparents m’amènent à rejeter les classes sociales traditionnelles pour tenter de me distinguer : ce que je suis, c’est comment j’agis, ce que je crois et non pas un trait extérieur.
C’est ce qui m’a donc amené à me définir principalement par les valeurs. De cette manière, on peut s’intéresser au cœur de ma personne – et pour paraphraser St-Exupéry – à l’essentiel qui est invisible aux yeux. En choisissant des groupes sociaux qui ont les mêmes valeurs que moi, je m’assure aussi d’éviter les préjugés sur les personnes. Les valeurs me donnent aussi une variété de choix sur les possibilités de transformation que mon identité peut acquérir. J’ai toute la latitude nécessaire pour avoir une identité ouverte, fonctionnelle, peu importe le paradigme dans lequel je me retrouve.

1 nov. 2009

Ne pas écrire. Ne pas écrire. Il faut dormir.

J'ai TELLEMENT envie d'écrire.

Ne pas écrire. Ne pas écrire. Il faut dormir.

Non mais je retrouve des réflexions antérieures vues ailleurs chez lui, c'est malade.
J'admire aussi ma capacité à m'inventer des trucs impossibles, pour être sûre que s'il y a un échec, c'est que tout est imputable à l'impossibilité.

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La concierge de l'école a 61 ans. Deux enfants qui ne veulent pas en avoir, carriéristes.

Elle a commencé une formation pour être institutrice. Mais elle arrivait pas à se concentrer pour étudier dans les dortoirs, y'avait trop de bruit. Du coup elle s'installait dans les corridors, sous la lumière des fenêtres. Les soeurs aimaient pas ça, elles lui disaient de se tasser, que c'était interdit. Elle était pas capable d'étudier, elle a arrêté de faire ses travaux, elle a abandonné.

Son mari voyageait beaucoup, elle n'a jamais eu d'emploi stable. Elle a cumulé les formations et les jobines dans le fast-food. Un DEP en textile - qui servira pas, les jobs s'exportent en Asie. Un DEP en design industriel - qui servira pas lui non plus, il faudrait l'infographie, mais elle est pas bonne avec les pitons. Un troisième DEP, je ne sais plus en quoi, devenu inutile, lui aussi.

Elle est pas permanente à la CSDM, elle a un remplacement indéterminé - ça existe aussi pour les concierges, faut croire. Elle travaillait dans quatre écoles différentes, chaque semaine. Dans l'une, la direction était hyper sévère. Elle exigeait en une soirée la propreté impeccable - alors que ses terrains de jeux étaient ni plus ni moins un terrain de soccer gazonné : du coup, les classes étaient remplies de terre. La concierge a manqué une évaluation. Quatre ans à la CSDM, mais encore quatre ans à la pige.

Elle a commencé à faire de l'arthrite avec l'école difficile, ni plus ni moins. Elle se promène le dos courbé, les cheveux abîmés, en chiâlant et en maugréant sur les difficultés de sa vie. Elle aimait le dessin : ah, ça, elle était bonne en dessin. Mais ça donne quoi?
Bon, je vais vraiment croire que j'ai des pouvoirs que je n'ai pas.
Il faut que je monte l'examen de compréhension écrite; je veux écrire.

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Excuse le stalking internaute. T'es pas obligé de me répondre, en définitive j'écris un peu pour toi, beaucoup pour moi.

Le rapace, les chats bottés, j'ai envie de leur dire. Je vous lisais. Je me reconnaissais. Des fois.
Que tu arrêtes d'écrire, on s'en fout. Abandonne tes blogues. Coupe les commentaires. Laisse mourir l'emphase et l'attention; c'est peut-être épuisant. Mais parfois, y'a des jours où j'ai besoin de lire. Pis que ça soit pu accessible, sans effiler les archives des toiles, ben ça me rend triste.

Sur le net, y'a beaucoup, mais y'a peu pour moi. Vois-le comme une entreprise de reconnaissance de valeur : ce que je lis chez toi - chez d'autres aussi -, ça me rassure, de le voir chez moi. C'est pas entier, c'est pas complet, mais des fragments d'autres ça fait du bien. Ça déstigmatise les fois où j'ai envie de déconstruire ma réalité, ça me force à me dire, lorsque je veux abdiquer, que j'ai pas à limiter ma pensée dans les bassins des pour et des contre. Qu'il faut que j'aille plus loin que deux dimensions conceptuelles ou que je sais pas quoi. Qu'importe.

Cela dit, en même temps, c'est la beauté de l'éphémère, peut-être je devrais taire ma dictée d'impératifs.

Bonnes élections. Je croyais en une blague - nope! radio-can confirme la candidature.

Pis pour le chat botté - j'ai beau faire du stalking internaute, je ne trouve aucune coordonnée. Tu lui transmettras, si ça te chante - j'aimais ce qu'il écrivait. Je commentais peut-être trop à la fin, mais phoque, la culpabilité ne vaut pas la valeur des crimes.