What about my feelings?

J'écrirai tout ce qui me passe par la tête.

27 sept. 2009

Il a écrit deux billets aujourd'hui. Probablement rapidement. Je me plais à rêver des effets des interventions. Il n'en est probablement rien et il s'amuse simplement. C'est bien comme ça.

***

Je commente quand je crois que je peux apporter. C'est dur, combattre ses pulsions, quand on veut exprimer pour être relevée. Peut-être que je recopierai un paragraphe. Je me permets l'égocentrisme - je ne vivrais plus si ce n'était jamais le cas.

***

Il a l'air d'un enfant tout fragile, empreint de douce naïveté - un peu comme Louis-Vincent - tout comme il est pris dans ses normes, ses contradictions. Mais mon cardinal cache sa vulnérabilité, étouffe son idéalisme. Lui la vénère. Du bonheur.

***

Je pense que j'ai appris à accepter l'idéalisme, grande optimiste que je suis, mais spectatrice du changement pour cet instant. (Mais, faut pas, faut pas culpabiliser. J'agirai. Ça sera plus fort que moi, après mes stages. Faut patienter. Je retournerai faire ma super héros.)

Je crois pas que je pourrais accepter le bonheur. Je répète ici ce but simple, fixé dès mes 16 ans, que je souhaite simplement être heureuse. C'est sincère.

Bonheur? Heureux? Ça se distingue, à mes yeux, malgré la morphologie et la sémantique des mots. Être heureux, ça emprunte la branche de la joie, un état constant, intérieur, paisible. Le bonheur est dans la lignée du contentement. Et je veux plus. J'ai pas le zen pour être bien avec qualités et défauts, géants et pacotilles. Peut-être d'un certain masochisme, peut-être indirectement influencée par le sacro-saint constructivisme, je préfère les eaux troubles, pour apprendre et expérimenter, être déstabilisée et me remettre constamment en question. Bref, je suis facilement joyeuse, mais je n'ai ni force ni sagesse pour être bienheureuse.

***

Il y a un second Outremont. Je ne visite rien avec Explorer. Duvernay est aussi fidèle et je ne sais pourquoi.

26 sept. 2009

Scène 8 écrite, je me demande toutefois si c'est trop peu d'information, en trop peu de temps. Y'a certainement quelques références culturelles, mais si je me fais pas plaisir...
(Comment les Gilmore et Allen font pour garder un tout cohérent?)

J'ai aussi modifié la scène 3 pour inclure tout de suite Christophe. J'aime le parallèle que ça fait avec la scène deux, où les deux personnages se présentent pour la première fois à Isabelle. Je trouve aussi qu'inclure Christophe dans une partie des flashback, supposés réels, est plus confondant. ça marche aussi mieux avec la chronologie et ça m'empêche de multiplier les scènes.

***

Je comprends maintenant Guillaume qui n'aime pas le cinéma rue Emery. J'le trouvais élitiste, l'autre fois, quand il se plaignait de l'écran recourbé. En première rangée aujourd'hui, j'admets mon tort, y'avait de la distorsion comme pas possible. Guillaume le Grand a raison (je le dis sans malice, j'aimerais avoir sa tête, à lui.)

***

Cher Duvernay, sache que plus que j'écris ce scénario, plus je me rends compte qu'il est pour moi. Trop mauvais pour être lu, pis un peu comme moi, super égocentrique, plein d'auto-fiction. Je sais pas ce que tu fais ici, à être mon seul fidèle lecteur, alors que je fais des choses plutôt sans intérêt. Ça me fait honneur, dis bien.

***

1- INTÉRIEUR JOUR. STUDIO.

ALEXANDRINE : Jeune fille 20 ans, cheveux rouge teints, délavés, droit, mais avec du volume. Yeux verts. Sans maquillage, très normale, imc de 26, naturelle. Fille d’un député agriculteur, mélange le meilleur et le pire des deux mondes.


REPORTER : Hors champs, voix grave, professionnelle, mais épuisée.

On tourne un documentaire sur la vie d’Isabelle.

ALEXANDRINE
(répondant au reporter, passionnée)
Isabelle? Quand je l’ai rencontrée? Au secondaire. Était brillante. Je me souviens qu’on parlait des résultats en Floride. C'tait tellement n'importe quoi. Les machines étaient vieilles, fuckées. Y'avait des problèmes 'ek les bulletins. Pis la loi était weird aussi. Faque quand y'ont voulu recompter, c'tait juste comme 3-4 comtés. Pis là, Gore a demandé à Cour Suprême d'la Floride - c'tait Démocrate ça - de r'compter plus que ça. Mais là, les Républicains d'la Cour Suprême des États-Unis sont allés dire que c'tait inconstitutionnel c'qu'avait dit la Cour Suprême d'la Floride. Mais en même temps, ç'aurait dû être Gore qui gagne. Y'avait ben plus de voix aux États, quelqu' chose comme 500 000. C'tait comme quand les libéraux ont perdu d'vant les Péquistes, pis qu'on avait eu plus de vot'. En tout cas, c'est le système qui a à changer, parce que là, la démocratie. Le système une tête, un député, ça empêche les tiers-parti d'avoir un pouvoir pis en même temps, le système proportionnel, ben, c'pas assez stable, avoir des coalitions partout, tu peux pas être le boss 'ec plein de mains su'l volant, comme Charest a dit pis, moi j'pense que la démocratie directe c'est...

REPORTER (H/C)
(la coupant : peut être fait avant)
Et Christophe?

ALEXANDRINE
Ah! Qui? Ah! Mon Dieu! Christophe pis Isabelle. C’est le couple parfait! Un homme tout droit sorti de ses rêves!

REPORTER (H/C)
Et ils se connaissent depuis...

ALEXANDRINE
Bah, je sais pas, je les ai toujours vus ensembles. C'est des amis d'enfance, j'suppose. Aucune idée.

REPORTER (H/C)
Ok. On reprend, tu me résumes tout ça en 30-40 secondes, le plus naturellement possible.

2- INTÉRIEUR SOIR. CHAMBRE OU BUREAU.

ISABELLE : alias Canneberge. Fait de l’embonpoint, fille normale mais intelligente, allumée, curieuse, bavarde. Manque de confiance en elle.

STÉPHANE : alias Isocèle. Jouflu, barbe, ordinaire, yeux bleus, pantalons sports. Qualités psychologiques semblables à Isabelle.

Isabelle et Stéphane clavardent pour la première fois ensemble. On voit Isabelle ajouter Stéphane, puis débuter la conversation en commentant son statut. Le courant passe bien.

«
Canneberge
C’est pas vrai! Toi aussi tu aimes Camille!

Isocèle – The money noooooote
Oui! J’aime surtout son 2e cd. J’l’ai écouté pendant 10 mois de suite.

Canneberge
Moi j’l’ai vue aux dernières francos, à son show gratuit.

Isocèle – The money noooooote
Moi c’tait deux semaines après.

Canneberge
J’pensais c’tait juste à moi que ça arrivait, d’être en retard par rapport au show. Moi j’ai manqué la tournée d’Amnesiac, à l’époque je commençais juste à découvrir Ok Computer.

J’aime beaucoup la polyphonie de Pâle septembre, la structure de la chanson est cool aussi, j’aime pas quand c’est toujours couplet-refrain. J’aime quand on joue avec la chronologie – dans les films aussi.

Isocèle – The money noooooote
Pâle septembre est ma toune préférée de Camille.
Donc t’as vu 21 grams, je suppose?

Canneberge
Yep! Et Memento, Babel et...

Isocèle – The money noooooote (la coupant)
Magnolia.

Canneberge (une seconde plus tard)
Magnolia.

Isocèle – The money noooooote
... Moi c’est Stéphane, en passant.
»

3- EXTÉRIEUR JOUR. COUR D’ÉCOLE.

ISABELLE ENFANT : Petite fille, environ 7 ans, cheveux blonds, bouclés, yeux bleus, brillante, curieuse, mais rejetée, éprouve des difficultés sociales, aime avoir l’attention

CHRISTOPHE ENFANT : Garçon, 7-8 ans lui aussi, cheveux bruns foncés, ordinaire, mais curieux, vif, intelligent

LES ENFANTS : Ordinaires, habituels, cruels sans le savoir ou le souhaiter

Isabelle, timide, s’approche d’un groupe d’enfants.

ISABELLE
Est-ce que je peux jouer avec vous?

Premier groupe d’ENFANTS
Oh! Isabelle la poubelle! Isabelle est pas belle! T’es pleine de poux Isabelle. Attention, alerte aux poux, Isabelle est là! S.O.S Alerte aux poux! (on entend les enfants imiter une ambulance et rire)

Les enfants partent à courir, ceux qui sont autour d’Isabelle s’éloignent, d’autres font des grimaces pour qu’Isabelle tente de les attraper. Isabelle les ignore. Elle regarde au sol, triste et se dirige vers une balançoire libre.

Second groupe d’ENFANTS
Oh, ça pue! Tassez-vous, Isabelle s’en vient.

Les enfants s’éloignent en se bouchant le nez et en grimaçant. Isabelle prend place sur la balançoire, l’air triste. Christophe s’avance tranquillement, pour qu’Isabelle le remarque bien puis s’assoie.

CHRISTOPHE
Y sont cons, sté, c’est pas grave, laisse-les faire.

Isabelle se tourne, prend une pause, observe Christophe, puis répond, une fois ses intentions pacifiques établies.

ISABELLE
Tout l’monde me dit ça. J’sais pas comment.

Les deux enfants se balancent un peu. La première cloche sonne. Les deux sautent des balançoires. Christophe sort un livre de sa poche et le remet à Isabelle.

CHRISTOPHE
T’es pas obligé d’être dans leur gang à eux, sté. Tiens, un livre de Denis Côté. Au moins ça, c’est méchant pis épeurant!

Christophe s’éloigne pour rejoindre son rang.

ISABELLE (en criant)
Heille, comment tu t’appelles?

CHRISTOPHE (en criant et en courant)
Christophe!


4- INTÉRIEUR JOUR. SALLE DE CLASSE.

ISABELLE ENFANT

LES ENFANTS

L’ENSEIGNANTE : Enseignante de métier, conjugue rigueur et souplesse, croit en ce qu’elle fait


Un enfant qui a intimidé Isabelle auparavant reçoit la médaille de « bon comportement », et repart heureux, sans que l’enseignante ne soit conscience de tout ce qui se passe en coulisse.

L’ENSEIGNANTE
Voilà, les méritas du mois de novembre sont maintenant tous distribués. Je vous félicite pour tous vos bons efforts. Nous allons maintenant parler d’un autre sujet. Vous vous souvenez qu’il y a une semaine, vous aviez fait un sondage pour le programme Ancre contre l’intimidation. Vous deviez me nommer, en secret, les personnes qui étaient les plus intimidés en classe. Encore une fois, cette année, c’est Isabelle. Isabelle, ma belle, j’aimerais ça que tu viennes en classe expliquer comment on se sent quand on est intimidé, pour que mes amis comprennent bien.

Isabelle s’avance, affrontant gêne et volonté de s’affirmer.

ISABELLE ENFANT (peut-être improvisé par l’enfant – idée de base)
Quand vous me dîtes des gros mots, ça me fait de la peine. Y’a personne qui veut jouer avec moi. J’aimerais ça avoir des amis. Je suis pas méchante avec vous, je comprends pas pourquoi vous voulez pas être ami avec moi.
(s’embarquant un peu dans un récit narcissique, comme le fait tout enfant)
En éducation physique vous dites que je suis poche. Je sais que je sais pas comment attraper le ballon. Mais si y’a jamais personne qui meul’ lance, je vais jamais apprendre comment attraper. C’est tout le temps les mêmes qui ont le ballon, c’est pas juste, moi aussi je veux jouer.

5. INTÉRIEUR JOUR. GYMNASE.

ISABELLE ENFANT

LES ENFANTS

MICHAEL LAJOIE ENFANT : Enfant normal, yeux bleus, cheveux bruns, pas trop populaire, dans la moyenne

ENSEIGNANT D’ÉDUCATION PHYSIQUE : Un peu bedonnant, bon gars, cheveux gris, barbe

Isabelle tente de se démarquer en jouant au basket-ball, dans son cours d’éducation physique. Michel lui lance le ballon, par compassion.

6. INTÉRIEUR SOIR. CHAMBRE OU BUREAU.
(Intégré à la précédente? Comment?)

ISABELLE

Isabelle ajuste le cadrage de sa webcam. On voit une vidéo diffusée sur youtube.

ISABELLE
(Isabelle le dit d’un ton trop détaché, comme si ça lui faisait encore mal mais qu’elle voulait le dissimuler.)
Bon, ben je vais commencer ma diffusion, vlog 1 sur youtube, titre : Michael. Mon premier amour, ou ben, sans parler d’amour, mon premier kick, disons, c’tait Michael Lajoie. J’pense que c’t’à ce moment-là que ma vision, ma conception, ma perception du « phénomène amoureux » s’est un peu déformée. Quand j’tais jeune, enfant j’veux dire, c’tait pas compliqué, on m’aimait pas. C’tait pas trop d’ma faute, j’tais différente, je cherchais l’attention, j’comprenais pas trop comment dire les choses aux gens...
Donc on m’parlait pas, on m’ignorait, on m’niaisait souvent, mais en tout cas, on m’aimait pas. Pis Michael, ben Michael a été le premier à me passer le ballon dans le cours d’éduc. Pis quand j’y pense ben, il me l’a passé pas parce qu’y m’aimait, mais parce que je faisais pitié. Il voulait être gentil, c’tait tout. Mais moi, depuis, j’ai pensé que quand on était gentil avec moi, c’parce qu’on m’aimait. Mais sapristi, c’parce qu’il y’en a beaucoup de gars gentils! Avec le temps, on s’rend ben compte qu’y sont gentils parce que c’est socialement acceptable, c’est ce qui est recherché, convenu. À partir de vingt ans, on arrête d’intimider les gens, j’veux dire, en face à face; on est gentil, juste parce que c’est normé, c’est tout.

7. INTÉRIEUR JOUR. STUDIO.

PASCALE : Jeune femme athlétique, cheveux et yeux bruns, petite, souriante, optimiste, joviale, habillée normale, confortable

REPORTER

On poursuit le documentaire sur la vie d’Isabelle.

PASCALE
Isabelle, Isabelle c’est ma meilleure amie. On s’connaît, on s’connaît ça fait un boutte. A s’faisait garder chez nous, par ma grand-mère. A toujours été spéciale. Elle m’a toujours aidée à l’école, pour m’expliquer tout, en sciences et tout. Est très intelligente. Elle a toujours eu la main levée à l’école, a voulait répondre à toutes les questions, c’tait plus fort que elle.
(Il y a une légère pause dans le ton, on sent que la scène a été coupée puis recollée.)
Christophe pour elle... a pouvait pas avoir de meilleur gars. J’pense qu’y se sont toujours connus. Y’étaient souvent ensemble, y’ont toute découvert ensemble. Chris pis Isabelle ont commencé à écouter de la musique fuckée ensemble, y’ont commencé à regarder des films fuckés ensemble, à jaser de trucs compliqués ensemble. C’est vraiment des âmes soeur, dans le sens de... d’âmes jumelles, je dirais. Y se complètent tellement pis y se ressemblent tellement, pis y se sont influencés tellement... Je pourrais pas les voir séparés, c’est vraiment une relation fusionnelle qu’ils ont, c’est très spécial, on voit vraiment pas ça chez tous les couples, ça.

8. INTÉRIEUR SOIR. CHAMBRE OU BUREAU.

ISABELLE alias Canneberge
STÉPHANE alias Isocèle

Isabelle et Stéphane poursuivent leur clavardage. Le courant passe toujours bien.

Canneberge – Can separate be equal?
Bonsoir!

Isocèle – Cherche compagne pour sacrifier Valentin
Bonsoir!

Canneberge – Can separate be equal?
Toi aussi, après l’étape de « C’est juste une fête commerciale », t’es au moment de la résignation, pour souligner à grand trait ton échec socio-amoureux?

Isocèle – Cherche compagne pour sacrifier Valentin
Euh, j’suis rendu pépère. J’ai offert du chocolat et des p’tits coeurs à toutes mes collègues de classe.

Canneberge – Can separate be equal?
Sourire.

Isocèle – Cherche compagne pour sacrifier Valentin
Mais je n’en suis plus à l’étape de boire de la bière de loser.

Canneberge – Can separate be equal?
J’ai malheureusement appris à boire de la bière en Europe. J’suis incapable de boire des bières commerciales de gens qui achètent des patinoires géantes. M’semble que c’est un peu trop diversifier ses activités.

Isocèle – Cherche compagne pour sacrifier Valentin
Rire. Ah, t’inquiètes, ça viendra dans ta phase prolétarienne.

Canneberge – Can separate be equal?
Je ne suis pas assez marxiste, tu as raison, ça doit être ça!

Isocèle – Cherche compagne pour sacrifier Valentin (en chantant, sur le jingle de McDonalds)
Marx, c’est toi que j’aime. Ou était-ce McCarthy?
(un instant plus tard :)
Mais parlant de chasse aux sorcières et de leurs rituels, si tu clavardes c’soir c’parce que t’es chez toi, right?

Canneberge – Can separate be equal?
Euh, oui.

Isocèle – Cherche compagne pour sacrifier Valentin
Donc t’es dispo pour le sacrifice de Valentin? Tu vois, j’ai besoin d’une vierge, pis selon Facebook t’es née en septembre. On pourrait faire des incantations ensemble?

Canneberge – Can separate be equal?
Rire. Disons que j’trouve ta demande plutôt singulière, presque cheesy, mais ça m’plairait.

Isocèle – Cherche compagne pour sacrifier Valentin
J’t’offre une bière dans un resto peu ésotérique de St-Denis. Ça s’rait cool ça? Là-bas y’ont des trucs de microbrasserie, si t’aimes pas les trucs commerciaux.

25 sept. 2009

Il a encore écrit quelque chose qui m'émeut.

Et comme si je savais que l'idéalisme en moi disparaissait lentement, sous les influences extérieures.
Et de ressentir la flamme rejaillir.

C'est bien.

***

Même réflexion chez C, qui parle de soleil invaincu, qui espère s'améliorer.

***

J'espère que chez lui ce n'est pas une peine d'amour; mon égoïsme souhaite en même temps son célibat.

22 sept. 2009

Aujourd'hui, dans l'avion, un gars qui lisait Kafka en français, les lunettes rondes épaisses, des cheveux noirs épars, des pantalons corduroy bruns, des blackspot (!!! oui oui!!!) aux pieds.

Je le reluquais. Maudits gauchistes turn on.
Ils se trouvent toujours des filles souriantes, végétariennes, cheveux longs jupes longues, vêtements colorés.

Je ne dégage pas ce que je veux.
(Je ne dégage pas ce que je vaux?)

21 sept. 2009

J'ai vu les badlands et de minuscule hoodos. Fini le bad-talk.

Autres frustrations :
- le constant besoin d'assister ma mere dans tout : reservation d'avion, parler anglais, trouver son chemin vs la valorisation que ca me procure (elle pourrait pas voyager sans moi)
- Ne pas avoir pu aller au musee des dinosaures ou plus loin dans les trails
- Beaucoup et tout a fait peu, a la fois

Sources de plaisir :
- De la neige au sommet d'une montagne
- Avoir pu convaincre ma mere d'aller au Glacier Park, Montana, et qu'elle en conserve un meilleur souvenir que ses homologues albertains
- Un the tout cher pres du lac Agnes
- Avoir fait beaucoup beaucoup beaucoup de route

Auberges cool :
- Calgary, Lake Louise, Jasper, Quebec, Halifax

Auberges moins cool :
- Virginia Beach (mais le seul lieu abordable), White River Junction, East Glacier Park

Duvernay, qui es-tu?
Je pensais qu'Outremont etait mon reflet dans l'eau - semblerait qu'il y en ait un autre. Y'a une visite le 15; le web faisait le mort, avec moi, le 15.

14 sept. 2009

Angelique a Calgary, ou comment je ne fais plus de blogues de voyage. Si je decompresse autant au premier degre, c'est davantage pour me souvenir des sensations, de ma naivete, de mon egocentrisme. Je relis mon Manitoba et je revois la fille de 15 ans que j'etais. Je relis le debut de mes feelings et je revois la depressive perdue dans ses pensees, nichees au haut de son ignorance. Je me relirai peut-etre en voyant bien que tout ca ce sont des balivernes.

***

C'est peut-etre mauvais ou sain aussi; relire, et penser que finalement, ca ne vaut rien et que tout s'etiole, passe, disparait.

***

Je n'ai pas dormi une minute de la nuit; trop occupee a faire des cds. C'est parce que j'aime ma mere, je pense bien, mais probablement parce que la musique me parait toujours meilleure ailleurs qu'ici. La musique colore un paysage. Et elle familiarise l'inconnu.

J'ai pris l'avion : post google maps je n'interprete plus ce que je vois comme avant. J'ai l'impression que l'imagerie satelitte a casse ma capacite a m'emerveiller.

***

Arrivees a destination vingt minutes d'avance, l'auto de location, elle, a une heure de retard.

Ma mere et moi avions convenues de faire quelques courses : cartes de la region, mouchoirs, ustensiles. Mais rendu au centre d'achat, ma mere veut un costume de bain pour se baigner dans les sources thermales. On en magasine (super colore, pas noir, hippie, pas cher) une bonne heure au Sears, on retourne bredouille : ma mere est aussi exigeante envers les costumes de bain que je le suis envers mes pretendants. Elle se cherchait aussi une serviette pour porter des documents - introuvable au Quebec selon ses criteres de dimensions et de couleurs, on passe une bonne demi-heure a faire les magasins de sacs. Finalement, rendu au supermarche, on reussit a faire une epicerie complete satisfaisant notre nomadisme en inversant les principes ecologiques de base : beaucoup d'aliments suremballes permettent de vivre convenablement pendant une semaine sans frigo. Puisqu'on est super exigeantes toutes les deux sur ce qu'on mange, on passe une heure a comparer la teneur en proteines de ceci, en fer de cela, en fibres, en sodium, en calories...

***

Genre, la, si je me relis, je me trouve trop critique envers ma mere. Elle est aussi - sinon plus egocentrique que moi - et ne s'en rend jamais compte. C'est pas de sa faute - elle en a assez souffert comme ca. Je pourrais tres bien, juste comme ca, par intelligence, comprendre et vivre et accepter ses defauts. Mais comme on est pareilles, plutot, je me revolte :

Je voulais voir Drumheller ou le Dinosaur Park. Je voulais voir les hoodos, je voulais voir le desert, je voulais voir des fossiles. Le but de l'apres-midi, au depart, c'etait de prendre la voiture a midi et de faire au max, une demie-heure de course et repartir a l'aventure. Le soir, on devait rentrer a l'auberge et contacter Martin, connaissance de ma maternelle.

Mais ma mere a magasine. Et apres nos quatre heures au centre commercial, il etait trop tard pour voir des formations geologiques uniques. Fallait contacter Martin. Souper. Rester a Calgary.

Sa raison pour magasiner : on magasine tout le temps en voyage.
Je veux bien, mais une ou deux fois, sur le chemin du retour, chez des artisans locaux. Je ne veux pas reproduire mon quotidien, je veux le sublimer. Acheter a Montreal, acheter a Calgary, c'est pareil, c'est un geste de consommation. Les hoodos, c'est pas pareil. Les canyons n'ont plus. Je vais les voir dans les films de Eastwood, je vais les admirer sous les cliches de photographes amateurs, mais je pourrai pas y toucher, l'experimenter.

Ma mere me dit, ca s'en vient, on le fera, en revenant - je suis toujours une vraie septique : de la merde rassurante, je dis, on aura pas le temps de faire tout cela - notre salut etait aujourd'hui.

***

Le drole, le bizarre, le frustrant : Martin peut pas, ce soir. Y'avait pas de raison de rester a Calgary.

***
On a mange, on est sorties sur la rue. On a pris le tramway pour le kick : on n'avait jamais pris le tramway. C'etait gratuit. Calgary la grande a une tour phallique et des rues miroitantes. Elle a une riviere qui separe des arbres en beton des arbres en vie. Mama est deboussolee, elle qui ne reconnait jamais ses points cardinaux.

***

A cote de moi, il y avait un anglo, je crois bien, qui ecoute des clips de la Chicane. Je ne sais si c'est pour m'impressionner - moi, sa voisine d'ordi d'auberge de jeunesse ou alors si c'est parce qu'il aime vraiment ca. Il a enchaine avec du pop-rock anglo. Je ne sais pas trop si c'est bien, de passer plusieurs minutes payantes sur youtube plutot qu'a contacter ses proches.

***

Maitre-associe m'a communique une liste de questions a repondre. Je me demande si je suis une gauche ou droite de l'education et si les gens saisissent bien la vivacite des autres. Les ficelles, les ficelles, les ficelles...

13 sept. 2009

Je n'aime pas me faire suivre ou draguer en sortant du bus.

Deux personnes aujourd'hui, en même temps! Wow!

Faut que je réussisse à trouver les noirs attirants; il faut que je me résigne, c'est une option envisageable. Mais des Africains athées? curieux? trippant sur sciences, musique, films, mots et autres? Je veux trop voir mon reflet pour ça.

***

1981, beaucoup de trentenaire dans la salle, ils sont beaux. La bande annonce ne dévoile pas tous les punchs; c'est rare.

***

Ce soir, dans le bus, un personnage comique en soi : homme qui fait de l'embonpoint, chemise blanche trop serrée, écoutant un lecteur de disque (!! en disparition), tapotant et chantonnant sous la musique, ayant des lunettes épaisses et échappant ses sacs. J'hésitais entre le Chaplin et la déficience.

***

J'arrive pas à faire un move avec C, quand je l'observe, de loin, il me paraît bien fascinant. Mais j'arrive pu à entamer des conversations; je veux trop m'effacer, je ne cherche plus les possibilités. Je pense que j'ai abandonné. Je me sens lâche, tout en sachant intérieurement que c'est probablement plus cool ainsi.
Aujourd'hui, en refacebookant, j'ai vu qu'il aimait entre autres Ulrich Schnauss. J'ai tellement trop trippé sur les crescendos et gammes de percussions sur Passing By, avec le placement stéréophoniques dans les écouteurs.

***

Tripper musique, cinéma, apprentissage, sciences. Être curieux, motivé, calme, brillant, tolérant, cynique, ironique, drôle, athée. Je me répète.

***

Je m'imagine souvent que les gens font comme moi. Demander l'âge de quelqu'un n'est jamais banal chez moi.

***

Je me demande aussi ce qui aurait pu arrivé avec Daniel boulanger. Je sais pas, je sais peu. On ne me flirtait pas; je dois mal interpréter.
Quoi qu'il en soit, ça a coûté cher en gâteaux. Mon été est nettement déficitaire, mon automne le sera d'autant plus si je n'ai pas de nouvelle de ma marge de crédit.

(Mais par défaut, une marge de crédit, c'est déficitaire.)

***

Et qui peut bien me lire à Duvernay? Avec un mac? Sur sympatico? Manifestez-vous, parce que vous êtes mon seul lecteur - peut-être St-Léonard, mais lui, c'est au compte-goutte.

Ça me rend mal à l'aise et toute fière à la fois : un lecteur, un inconnu. J'espère que je vous ai fait peur. BOUH!

***

Ouais, ouais, ouais, je vais écrire une autre scène, je peux pas me coucher à cette heure-ci.

12 sept. 2009

Trouvé sur territoire des sens, bon blogue plein d'images :

« Il faut d’abord souligner que les hommes ont toujours vécu dans un environnement visuel, dans un paysage esthétique qui excite leur sensibilité perceptive. Le paysage actuel est à coup sûr moins naturel et plus artificiel. Nous vivons de plus en plus dans un cadre urbain et médiatique. Les images que nous percevons sont de plus en plus exclusivement de fabrication humaine. »

Fischer, Hervé. (2007). « Les infographes numériques »,
L’imprimé numérique en art contemporain. Trois-Rivières : Édition d’art le Sabord, p.24

11 sept. 2009

J'ajouterais : l'épistolaire est celle qui me stimule le plus.
J'ai décidé que mes relations épistolaires étaient du domaine public.
Non, pas vraiment - mais c'est surtout, je crois, que c'est le style littéraire qui me passionne le plus et où j'écris le mieux, maintenant. Et que comme je suis pas lu, et que comme, c'est pas à cacher, ça me dérange pas trop de m'étaler.
____

Réponse en vrac, en vrai. Je parle trop, tu verras! Mais ce sont toutes de bonnes intentions!

J'avoue que j'avais oublié tout ça; que tu m'avais écrit, que je t'avais répondu. Parfois je suis étonnée de l'éphémère*. En fait, non : des fois ça s'étiole, c'est tout. Du coup, j'étais surprise, parce que le ton est le bon.
Je me retourne parfois dans la rue quand les gens répondent à leurs dépendances. Les chercheurs disent que lorsque la prosodie est familière, les synapses croient à tort que ça s'adresse à nous.

La dilution est l'image parfaite. Plus les inclinations sont nombreuses, plus le quotient temporel est petit.
Ces jours-ci, je trippe cinéma : j'aime le jeu de Gena Rowlands dans A Women Under the Influence, le montage des scènes d'actions dans A Wild Bunch, la photographie dans Il Conformista et l'écriture de Naked.

J'aime catégoriser : Coil, c'est quel genre? Wiki m'en dit plusieurs. J'ai toujours eu peur de l'industriel, depuis qu'un ami s'essayait à me nourrir de Skinny Puppy. Mais j'aime le minimalisme de Steve Reich. Bon, d'accord, je téléchargerai**, l'écoute sera plus tard. (Oui, j'avais oublié, même le téléchargement.)

Non, non, non, je ne connais pas Moderat, ne doute pas de toi; présume seulement de mon ignorance; parce que pour une criss de coupe d'affaire je sais pas et je m'enlise à le couvrir. Mais j'ai, j'ai, j'ai une ou deux pièces d'Apparat, dont le web me dit qu'il est parent. Mais en fait, c'est mieux que ça, parce qu'Apparat était au départ conseillé par l'homme qui en serait un de ma vie, s'il n'était en couple, bipolaire radioactif et pas attiré par moi.
Wouah, je sens qu'on a déjà modifié les ondes au fréquenceur entre 0:00 et 0:40 sur a New Error. Houba. C'est cool. Merci.

T'inquiètes : tu peux visiter tous les interstices extraterrestres et intramoléculaires en écoutant de la musique; j'abuse des métaphores musicales, ça fait du bien, parce que ce sont pas des sensations qu'on peut vraiment retranscrire facilement, je pense.
(Pour illustrer, voici l'extrait d'une conversation datant de 2003, encore naïve, je venais de goûter à Radiohead et à Massive Attack:
«
Prenons, par exemple, Paranoid Android de Radiohead. Plus riche. Nous sommes dans une marre d'idées nous enterrant. Comme le son de millions de
moustiques tournoyant autour de notre crâne. Dans un de ces songes où nos cordes vocales sont bloquées. Notre raison beugle, elle. Elle veut s'échapper, retrouver sa simplicité. Elle abdique. Elle ira avec les voix, incapable de les combattre. Les concepts l'emportent, loin, très loin. Une mer, on s'y noie, on devient pensées. On rejette la conformité, on va torturer la prochaine victime. La schizophrénie de Nelligan à son paroxysme: hélas! il a sombré dans l'abîme du rêve. »)

Non, j'ai pas vu M pour Montréal. J'ai choisi de visiter mon nouvel âgeux de père parce que je l'aime. Entendre parler d'intraterrestre, de dimensions multiples et de deux-mille-douze m'inspire et m'exaspère beaucoup. Il est cardiaque, mon père, sa vie est rythmée par une batterie. Pis pourtant, je me demande si je le perdrai par les choeurs célestes ou le coeur funeste. C'est comme s'il était déjà pu là.
Mais oui, pour en revenir : je ne connaissais pas l'évènement - d'ailleurs, je ne les cours pas trop, ça aussi, ça s'étiole pis ça s'oxo-biodégrade. Je connais Duchess Says de nom - j'ai mis une chanson dans ma compil de party qui bouge, celle-là avec Where's Your Head At et Wipe That Sound. Les autres, non, pas vraiment; je suis pas à jour, mais en même temps, je me pardonne.

J'pense que si jamais on se rencontre - si ça te tente toujours, maintenant que tu connais mes manies et mon extraversion-égocentrisme-pas-égoïste-mais-mal-foutu - tu vas me faire le plus grand bien, parce que déjà, je ressens ta grande curiosité et ta passion débordante! Ça doit être trépidant à partager!
Sens-toi pas intimidée - j'dois tout autant avoir l'air d'être sur un high sans nom. Quand j'écris, j'aime écrire. En fait, j'ai trop écrit c'est ce qui arrive quand je commence après minuit. Mais aujourd'hui, j'ai pas d'attentes, j'ai pas envie de me censurer, alors t'auras une bonne dose de mon stream of consciousness, pour le meilleur et le pire.

« La planète terre est bleue qu'est-ce tu veux qu'çam' colisse. » Planet earth is blue and there's nothing I can do - mon Dieu, l'adaptation est délicieuse!

Je pars en Alberta du 14 jusqu'au 21; je commence des stages ensuite. Mes heures risquent d'être fréquentées, mais la découverte et le plaisir d'écrire en valent la peine, je crois. Gmail est préférable à hotmail, utilisé pour le mécène, surtout.

Au plaisir, je l'espère, très fougueux,

Angélique

* De l'éphémère aux pommes, c'est très bon. J'ai pas goûté à celle aux cassis, qui semble être en vedette cette année, je crois.
** En passant, pour mon petit côté de 0.75 sur l'échelle de Kinsey, je trouve séduisante les filles qui parlent de bande passante, de gig et de torrent! J'ai toujours l'impression d'être la seule à tripper info.

10 sept. 2009

Autre idée (ça arrête pas), sur Michelle, Isabelle qui chante, autodestructrice : Isabelle, poubelle, sont deux mots qui vont bien ensemble, em em em ble.
Cela me fait penser à P, très nouvel âge.

Il y a trois ans, environ, il a décidé de faire un jeûne, pendant 33 jours, pour se « purifier ».
P étant diabétique, il faut comprendre que puisqu'il n'avait pas d'input en nourriture, son taux de sucre était pas mal à la normale.

Après son jeûne, se sentant pur, il a arrêté de prendre tous ses médicaments (pour le coeur - il a déjà fait un infarctus-, pour le cholestérol, pour le diabète), trop content de faire un pied de nez à ces compagnies pharmaceutiques «diaboliques ».

Un an plus tard, il est tombé malade et a refusé d'être soigné par les membres de son entourage pendant plus de trois semaines. Lui, pensait que c'était une épreuve de Dieu et qu'il n'avait qu'à prier pour être sauvé.
Quand je l'ai appris, je l'ai fait promettre d'aller à l'hôpital; là-bas, ils ont découvert que : 1) son diabète était à 30, très près du coma; 2) ses genoux étaient très très très enflés à cause de la rétention d'eau; 3) il avait une artère bouchée à 90%; 4) il avait un œdème pulmonaire.

En gros, il aurait pu mourir de quatre manières différentes.
Le médecin lui a carrément dit qu'il ne le soignait pas si P refusait encore de prendre ses médicaments et de seulement prier. TOUT aurait pu être prévenu s'il avait consommé ses prescriptions correctement pendant un an.

Pour vous dire, P affirme aussi qu'on n'a pas besoin de s'occuper de l'environnement, parce qu'on va être sauvé par les extraterrestres qui vont nous évacuer à l'ascension, le temps venu...

Je l'aime de tout mon cœur, mais j'ai vraiment l'impression que ses croyances détruisent sa santé physique et psychologiques. (Là, il trippe sur 2012 et les autres dimensions et veut changer son champ vibratoire...)
Scène 7 : ça s'améliore pas, mais dans une vingtaine de scène on devrait comprendre le rythme.

***1- INTÉRIEUR JOUR. STUDIO.

ALEXANDRINE : Jeune fille 20 ans, cheveux rouge teints, délavés, droit, mais avec du volume. Yeux verts. Sans maquillage, très normale, imc de 26, naturelle. Fille d’un député agriculteur, mélange le meilleur et le pire des deux mondes.


REPORTER : Hors champs, voix grave, professionnelle, mais épuisée.

On tourne un documentaire sur la vie d’Isabelle.

ALEXANDRINE
(répondant au reporter, passionnée)
Isabelle? Quand je l’ai rencontrée? Au secondaire. Était brillante. Je me souviens qu’on parlait des résultats en Floride. C'tait tellement n'importe quoi. Les machines étaient vieilles, fuckées. Y'avait des problèmes 'ek les bulletins. Pis la loi était weird aussi. Faque quand y'ont voulu recompter, c'tait juste comme 3-4 comtés. Pis là, Gore a demandé à Cour Suprême d'la Floride - c'tait Démocrate ça - de r'compter plus que ça. Mais là, les Républicains d'la Cour Suprême des États-Unis sont allés dire que c'tait inconstitutionnel c'qu'avait dit la Cour Suprême d'la Floride. Mais en même temps, ç'aurait dû être Gore qui gagne. Y'avait ben plus de voix aux États, quelqu' chose comme 500 000. C'tait comme quand les libéraux ont perdu d'vant les Péquistes, pis qu'on avait eu plus de vot'. En tout cas, c'est le système qui a à changer, parce que là, la démocratie. Le système une tête, un député, ça empêche les tiers-parti d'avoir un pouvoir pis en même temps, le système proportionnel, ben, c'pas assez stable, avoir des coalitions partout, tu peux pas être le boss 'ec plein de mains su'l volant, comme Charest a dit pis, moi j'pense que la démocratie directe c'est...

REPORTER (H/C)
(la coupant : peut être fait avant)
Et Christophe?

ALEXANDRINE
Ah! Qui? Ah! Mon Dieu! Christophe pis Isabelle. C’est le couple parfait! Un homme tout droit sorti de ses rêves!

REPORTER (H/C)
Et ils se connaissent depuis...

ALEXANDRINE
Bah, je sais pas, je les ai toujours vus ensembles. C'est des amis d'enfance, j'suppose. Aucune idée.

REPORTER (H/C)
Ok. On reprend, tu me résumes tout ça en 30-40 secondes, le plus naturellement possible.

2- INTÉRIEUR SOIR. CHAMBRE OU BUREAU.

ISABELLE : alias Canneberge. Fait de l’embonpoint, fille normale mais intelligente, allumée, curieuse, bavarde. Manque de confiance en elle.

STÉPHANE : alias Isocèle. Jouflu, barbe, ordinaire, yeux bleus, pantalons sports. Qualités psychologiques semblables à Isabelle.

Isabelle et Stéphane clavardent pour la première fois ensemble. On voit Isabelle ajouter Stéphane, puis débuter la conversation en commentant son statut. Le courant passe bien.

«
Canneberge
C’est pas vrai! Toi aussi tu aimes Camille!

Isocèle – The money noooooote
Oui! J’aime surtout son 2e cd. J’l’ai écouté pendant 10 mois de suite.

Canneberge
Moi j’l’ai vue aux dernières francos, à son show gratuit.

Isocèle – The money noooooote
Moi c’tait deux semaines après.

Canneberge
J’pensais c’tait juste à moi que ça arrivait, d’être en retard par rapport au show. Moi j’ai manqué la tournée d’Amnesiac, à l’époque je commençais juste à découvrir Ok Computer.

J’aime beaucoup la polyphonie de Pâle septembre, la structure de la chanson est cool aussi, j’aime pas quand c’est toujours couplet-refrain. J’aime quand on joue avec la chronologie – dans les films aussi.

Isocèle – The money noooooote
Pâle septembre est ma toune préférée de Camille.
Donc t’as vu 21 grams, je suppose?

Canneberge
Yep! Et Memento, Babel et...

Isocèle – The money noooooote (la coupant)
Magnolia.

Canneberge (une seconde plus tard)
Magnolia.

Isocèle – The money noooooote
... Moi c’est Stéphane, en passant.
»

3- EXTÉRIEUR JOUR. COUR D’ÉCOLE.

ISABELLE ENFANT : Petite fille, environ 7 ans, cheveux blonds, bouclés, yeux bleus, brillante, curieuse, mais rejetée, éprouve des difficultés sociales, aime avoir l’attention

LES ENFANTS : Ordinaires, habituels, cruels sans le savoir ou le souhaiter

Isabelle, timide, s’approche d’un groupe d’enfants.

ISABELLE
Est-ce que je peux jouer avec vous?

Premier groupe d’ENFANTS
Oh! Isabelle la poubelle! Isabelle est pas belle! T’es pleine de poux Isabelle. Attention, alerte aux poux, Isabelle est là! S.O.S Alerte aux poux! (on entend les enfants imiter une ambulance et rire)

Les enfants partent à courir, ceux qui sont autour d’Isabelle s’éloignent, d’autres font des grimaces pour qu’Isabelle tente de les attraper. Isabelle les ignore. Elle regarde au sol, triste et se dirige vers une balançoire libre.

Second groupe d’ENFANTS
Oh, ça pue! Tassez-vous, Isabelle s’en vient.

Les enfants s’éloignent en se bouchant le nez et en grimaçant. Isabelle prend place sur la balançoire, l’air triste.

4- INTÉRIEUR JOUR. SALLE DE CLASSE.

ISABELLE ENFANT

LES ENFANTS

L’ENSEIGNANTE : Enseignante de métier, conjugue rigueur et souplesse, croit en ce qu’elle fait


Un enfant qui a intimidé Isabelle auparavant reçoit la médaille de « bon comportement », et repart heureux, sans que l’enseignante ne soit conscience de tout ce qui se passe en coulisse.

L’ENSEIGNANTE
Voilà, les méritas du mois de novembre sont maintenant tous distribués. Je vous félicite pour tous vos bons efforts. Nous allons maintenant parler d’un autre sujet. Vous vous souvenez qu’il y a une semaine, vous aviez fait un sondage pour le programme Ancre contre l’intimidation. Vous deviez me nommer, en secret, les personnes qui étaient les plus intimidés en classe. Encore une fois, cette année, c’est Isabelle. Isabelle, ma belle, j’aimerais ça que tu viennes en classe expliquer comment on se sent quand on est intimidé, pour que mes amis comprennent bien.

Isabelle s’avance, affrontant gêne et volonté de s’affirmer.

ISABELLE ENFANT (peut-être improvisé par l’enfant – idée de base)
Quand vous me dîtes des gros mots, ça me fait de la peine. Y’a personne qui veut jouer avec moi. J’aimerais ça avoir des amis. Je suis pas méchante avec vous, je comprends pas pourquoi vous voulez pas être ami avec moi.
(s’embarquant un peu dans un récit narcissique, comme le fait tout enfant)
En éducation physique vous dites que je suis poche. Je sais que je sais pas comment attraper le ballon. Mais si y’a jamais personne qui meul’ lance, je vais jamais apprendre comment attraper. C’est tout le temps les mêmes qui ont le ballon, c’est pas juste, moi aussi je veux jouer.

5. INTÉRIEUR JOUR. GYMNASE.

ISABELLE ENFANT

LES ENFANTS

MICHAEL LAJOIE ENFANT : Enfant normal, yeux bleus, cheveux bruns, pas trop populaire, dans la moyenne

ENSEIGNANT D’ÉDUCATION PHYSIQUE : Un peu bedonnant, bon gars, cheveux gris, barbe

Isabelle tente de se démarquer en jouant au basket-ball, dans son cours d’éducation physique. Michel lui lance le ballon, par compassion.

6. INTÉRIEUR SOIR. CHAMBRE OU BUREAU.
(Intégré à la précédente? Comment?)

ISABELLE

Isabelle ajuste le cadrage de sa webcam. On voit une vidéo diffusée sur youtube.

ISABELLE
(Isabelle le dit d’un ton trop détaché, comme si ça lui faisait encore mal mais qu’elle voulait le dissimuler.)
Bon, ben je vais commencer ma diffusion, vlog 1 sur youtube, titre : Michael. Mon premier amour, ou ben, sans parler d’amour, mon premier kick, disons, c’tait Michael Lajoie. J’pense que c’t’à ce moment-là que ma vision, ma conception, ma perception du « phénomène amoureux » s’est un peu déformée. Quand j’tais jeune, enfant j’veux dire, c’tait pas compliqué, on m’aimait pas. C’tait pas trop d’ma faute, j’tais différente, je cherchais l’attention, j’comprenais pas trop comment dire les choses aux gens...
Donc on m’parlait pas, on m’ignorait, on m’niaisait souvent, mais en tout cas, on m’aimait pas. Pis Michael, ben Michael a été le premier à me passer le ballon dans le cours d’éduc. Pis quand j’y pense ben, il me l’a passé pas parce qu’y m’aimait, mais parce que je faisais pitié. Il voulait être gentil, c’tait tout. Mais moi, depuis, j’ai pensé que quand on était gentil avec moi, c’parce qu’on m’aimait. Mais sapristi, c’parce qu’il y’en a beaucoup de gars gentils! Avec le temps, on s’rend ben compte qu’y sont gentils parce que c’est socialement acceptable, c’est ce qui est recherché, convenu. À partir de vingt ans, on arrête d’intimider les gens, j’veux dire, en face à face; on est gentil, juste parce que c’est normé, c’est tout.

7. INTÉRIEUR JOUR. STUDIO.

PASCALE : Jeune femme athlétique, cheveux et yeux bruns, petite, souriante, optimiste, joviale, habillée normale, confortable

REPORTER

On poursuit le documentaire sur la vie d’Isabelle.

PASCALE
Isabelle, Isabelle c’est ma meilleure amie. On s’connaît, on s’connaît ça fait un boutte. A s’faisait garder chez nous, par ma grand-mère. A toujours été spéciale. Elle m’a toujours aidée à l’école, pour m’expliquer tout, en sciences et tout. Est très intelligente. Elle a toujours eu la main levée à l’école, a voulait répondre à toutes les questions, c’tait plus fort que elle.
(Il y a une légère pause dans le ton, on sent que la scène a été coupée puis recollée.)
Christophe pour elle... a pouvait pas avoir de meilleur gars. J’pense qu’y se sont toujours connus. Y’étaient souvent ensemble, y’ont toute découvert ensemble. Chris pis Isabelle ont commencé à écouter de la musique fuckée ensemble, y’ont commencé à regarder des films fuckés ensemble, à jaser de trucs compliqués ensemble. C’est vraiment des âmes soeur, dans le sens de... d’âmes jumelles, je dirais. Y se complètent tellement pis y se ressemblent tellement, pis y se sont influencés tellement... Je pourrais pas les voir séparés, c’est vraiment une relation fusionnelle qu’ils ont, c’est très spécial, on voit vraiment pas ça chez tous les couples, ça.

9 sept. 2009

Scène 6 d'écrite : plus ça va, plus j'aime pas la direction que ça prend. Mais j'essaie de me dire que j'écrirai, que je mettrai bout à bout et que je retravaillerai plus tard. L'important c'est d'avoir un canevas.

Je sais pas si j'ai vraiment choisi le bon médium. Mais je vois des scènes, dans ma tête, quasiment des clips; c'pas un roman.


***

1- INTÉRIEUR JOUR. STUDIO.

ALEXANDRINE : Jeune fille 20 ans, cheveux rouge teints, délavés, droit, mais avec du volume. Yeux verts. Sans maquillage, très normale, imc de 26, naturelle. Fille d’un député agriculteur, mélange le meilleur et le pire des deux mondes.


REPORTER : Hors champs, voix grave, professionnelle, mais épuisée.

On tourne un documentaire sur la vie d’Isabelle.

ALEXANDRINE
(répondant au reporter, passionnée)
Isabelle? Quand je l’ai rencontrée? Au secondaire. Était brillante. Je me souviens qu’on parlait des résultats en Floride. C'tait tellement n'importe quoi. Les machines étaient vieilles, fuckées. Y'avait des problèmes 'ek les bulletins. Pis la loi était weird aussi. Faque quand y'ont voulu recompter, c'tait juste comme 3-4 comtés. Pis là, Gore a demandé à Cour Suprême d'la Floride - c'tait Démocrate ça - de r'compter plus que ça. Mais là, les Républicains d'la Cour Suprême des États-Unis sont allés dire que c'tait inconstitutionnel c'qu'avait dit la Cour Suprême d'la Floride. Mais en même temps, ç'aurait dû être Gore qui gagne. Y'avait ben plus de voix aux États, quelqu' chose comme 500 000. C'tait comme quand les libéraux ont perdu d'vant les Péquistes, pis qu'on avait eu plus de vot'. En tout cas, c'est le système qui a à changer, parce que là, la démocratie. Le système une tête, un député, ça empêche les tiers-parti d'avoir un pouvoir pis en même temps, le système proportionnel, ben, c'pas assez stable, avoir des coalitions partout, tu peux pas être le boss 'ec plein de mains su'l volant, comme Charest a dit pis, moi j'pense que la démocratie directe c'est...

REPORTER (H/C)
(la coupant : peut être fait avant)
Et Christophe?

ALEXANDRINE
Ah! Qui? Ah! Mon Dieu! Christophe pis Isabelle. C’est le couple parfait! Un homme tout droit sorti de ses rêves!

REPORTER (H/C)
Et ils se connaissent depuis...

ALEXANDRINE
Bah, je sais pas, je les ai toujours vus ensembles. C'est des amis d'enfance, j'suppose. Aucune idée.

REPORTER (H/C)
Ok. On reprend, tu me résumes tout ça en 30-40 secondes, le plus naturellement possible.

2- INTÉRIEUR SOIR. CHAMBRE OU BUREAU.

ISABELLE : alias Canneberge. Fait de l’embonpoint, fille normale mais intelligente, allumée, curieuse, bavarde. Manque de confiance en elle.

STÉPHANE : alias Isocèle. Jouflu, barbe, ordinaire, yeux bleus, pantalons sports. Qualités psychologiques semblables à Isabelle.

Isabelle et Stéphane clavardent pour la première fois ensemble. On voit Isabelle ajouter Stéphane, puis débuter la conversation en commentant son statut. Le courant passe bien.

«
Canneberge
C’est pas vrai! Toi aussi tu aimes Camille!

Isocèle – The money noooooote
Oui! J’aime surtout son 2e cd. J’l’ai écouté pendant 10 mois de suite.

Canneberge
Moi j’l’ai vue aux dernières francos, à son show gratuit.

Isocèle – The money noooooote
Moi c’tait deux semaines après.

Canneberge
J’pensais c’tait juste à moi que ça arrivait, d’être en retard par rapport au show. Moi j’ai manqué la tournée d’Amnesiac, à l’époque je commençais juste à découvrir Ok Computer.

J’aime beaucoup la polyphonie de Pâle septembre, la structure de la chanson est cool aussi, j’aime pas quand c’est toujours couplet-refrain. J’aime quand on joue avec la chronologie – dans les films aussi.

Isocèle – The money noooooote
Pâle septembre est ma toune préférée de Camille.
Donc t’as vu 21 grams, je suppose?

Canneberge
Yep! Et Memento, Babel et...

Isocèle – The money noooooote (la coupant)
Magnolia.

Canneberge (une seconde plus tard)
Magnolia.

Isocèle – The money noooooote
... Moi c’est Stéphane, en passant.
»

3- EXTÉRIEUR JOUR. COUR D’ÉCOLE.

ISABELLE ENFANT : Petite fille, environ 7 ans, cheveux blonds, bouclés, yeux bleus, brillante, curieuse, mais rejetée, éprouve des difficultés sociales, aime avoir l’attention

LES ENFANTS : Ordinaires, habituels, cruels sans le savoir ou le souhaiter

Isabelle, timide, s’approche d’un groupe d’enfants.

ISABELLE
Est-ce que je peux jouer avec vous?

Premier groupe d’ENFANTS
Oh! Isabelle la poubelle! Isabelle est pas belle! T’es pleine de poux Isabelle. Attention, alerte aux poux, Isabelle est là! S.O.S Alerte aux poux! (on entend les enfants imiter une ambulance et rire)

Les enfants partent à courir, ceux qui sont autour d’Isabelle s’éloignent, d’autres font des grimaces pour qu’Isabelle tente de les attraper. Isabelle les ignore. Elle regarde au sol, triste et se dirige vers une balançoire libre.

Second groupe d’ENFANTS
Oh, ça pue! Tassez-vous, Isabelle s’en vient.

Les enfants s’éloignent en se bouchant le nez et en grimaçant. Isabelle prend place sur la balançoire, l’air triste.

4- INTÉRIEUR JOUR. SALLE DE CLASSE.

ISABELLE ENFANT

LES ENFANTS

L’ENSEIGNANTE : Enseignante de métier, conjugue rigueur et souplesse, croit en ce qu’elle fait


Un enfant qui a intimidé Isabelle auparavant reçoit la médaille de « bon comportement », et repart heureux, sans que l’enseignante ne soit conscience de tout ce qui se passe en coulisse.

L’ENSEIGNANTE
Voilà, les méritas du mois de novembre sont maintenant tous distribués. Je vous félicite pour tous vos bons efforts. Nous allons maintenant parler d’un autre sujet. Vous vous souvenez qu’il y a une semaine, vous aviez fait un sondage pour le programme Ancre contre l’intimidation. Vous deviez me nommer, en secret, les personnes qui étaient les plus intimidés en classe. Encore une fois, cette année, c’est Isabelle. Isabelle, ma belle, j’aimerais ça que tu viennes en classe expliquer comment on se sent quand on est intimidé, pour que mes amis comprennent bien.

Isabelle s’avance, affrontant gêne et volonté de s’affirmer.

ISABELLE ENFANT (peut-être improvisé par l’enfant – idée de base)
Quand vous me dîtes des gros mots, ça me fait de la peine. Y’a personne qui veut jouer avec moi. J’aimerais ça avoir des amis. Je suis pas méchante avec vous, je comprends pas pourquoi vous voulez pas être ami avec moi.
(s’embarquant un peu dans un récit narcissique, comme le fait tout enfant)
En éducation physique vous dites que je suis poche. Je sais que je sais pas comment attraper le ballon. Mais si y’a jamais personne qui meul’ lance, je vais jamais apprendre comment attraper. C’est tout le temps les mêmes qui ont le ballon, c’est pas juste, moi aussi je veux jouer.

5. INTÉRIEUR JOUR. GYMNASE.

ISABELLE ENFANT

LES ENFANTS

MICHAEL LAJOIE ENFANT : Enfant normal, yeux bleus, cheveux bruns, pas trop populaire, dans la moyenne

ENSEIGNANT D’ÉDUCATION PHYSIQUE : Un peu bedonnant, bon gars, cheveux gris, barbe

Isabelle tente de se démarquer en jouant au basket-ball, dans son cours d’éducation physique. Michel lui lance le ballon, par compassion.

6. INTÉRIEUR SOIR. CHAMBRE OU BUREAU.
(Intégré à la précédente? Comment?)

ISABELLE

Isabelle ajuste le cadrage de sa webcam. On voit une vidéo diffusée sur youtube.

ISABELLE
(Isabelle le dit d’un ton trop détaché, comme si ça lui faisait encore mal mais qu’elle voulait le dissimuler.)
Bon, ben je vais commencer ma diffusion, vlog 1 sur youtube, titre : Michael. Mon premier amour, ou ben, sans parler d’amour, mon premier kick, disons, c’tait Michael Lajoie. J’pense que c’t’à ce moment-là que ma vision, ma conception, ma perception du « phénomène amoureux » s’est un peu déformée. Quand j’tais jeune, enfant j’veux dire, c’tait pas compliqué, on m’aimait pas. C’tait pas trop d’ma faute, j’tais différente, je cherchais l’attention, j’comprenais pas trop comment dire les choses aux gens...
Donc on m’parlait pas, on m’ignorait, on m’niaisait souvent, mais en tout cas, on m’aimait pas. Pis Michael, ben Michael a été le premier à me passer le ballon dans le cours d’éduc. Pis quand j’y pense ben, il me l’a passé pas parce qu’y m’aimait, mais parce que je faisais pitié. Il voulait être gentil, c’tait tout. Mais moi, depuis, j’ai pensé que quand on était gentil avec moi, c’parce qu’on m’aimait. Mais sapristi, c’parce qu’il y’en a beaucoup de gars gentils! Avec le temps, on s’rend ben compte qu’y sont gentils parce que c’est socialement acceptable, c’est ce qui est recherché, convenu. À partir de vingt ans, on arrête d’intimider les gens, j’veux dire, en face à face; on est gentil, juste parce que c’est normé, c’est tout.

7 sept. 2009

Courte scène 5 écrite; je devrais enchaîner vers une narration youtube.

1- INTÉRIEUR JOUR. STUDIO.

ALEXANDRINE : Jeune fille 20 ans, cheveux rouge teints, délavés, droit, mais avec du volume. Yeux verts. Sans maquillage, très normale, imc de 26, naturelle. Fille d’un député agriculteur, mélange le meilleur et le pire des deux mondes.


REPORTER : Hors champs, voix grave, professionnelle, mais épuisée.

On tourne un documentaire sur la vie d’Isabelle.

ALEXANDRINE
(répondant au reporter, passionnée)
Isabelle? Quand je l’ai rencontrée? Au secondaire. Était brillante. Je me souviens qu’on parlait des résultats en Floride. C'tait tellement n'importe quoi. Les machines étaient vieilles, fuckées. Y'avait des problèmes 'ek les bulletins. Pis la loi était weird aussi. Faque quand y'ont voulu recompter, c'tait juste comme 3-4 comtés. Pis là, Gore a demandé à Cour Suprême d'la Floride - c'tait Démocrate ça - de r'compter plus que ça. Mais là, les Républicains d'la Cour Suprême des États-Unis sont allés dire que c'tait inconstitutionnel c'qu'avait dit la Cour Suprême d'la Floride. Mais en même temps, ç'aurait dû être Gore qui gagne. Y'avait ben plus de voix aux États, quelqu' chose comme 500 000. C'tait comme quand les libéraux ont perdu d'vant les Péquistes, pis qu'on avait eu plus de vot'. En tout cas, c'est le système qui a à changer, parce que là, la démocratie. Le système une tête, un député, ça empêche les tiers-parti d'avoir un pouvoir pis en même temps, le système proportionnel, ben, c'pas assez stable, avoir des coalitions partout, tu peux pas être le boss 'ec plein de mains su'l volant, comme Charest a dit pis, moi j'pense que la démocratie directe c'est...

REPORTER (H/C)
(la coupant : peut être fait avant)
Et Christophe?

ALEXANDRINE
Ah! Qui? Ah! Mon Dieu! Christophe pis Isabelle. C’est le couple parfait! Un homme tout droit sorti de ses rêves!

REPORTER (H/C)
Et ils se connaissent depuis...

ALEXANDRINE
Bah, je sais pas, je les ai toujours vus ensembles. C'est des amis d'enfance, j'suppose. Aucune idée.

REPORTER (H/C)
Ok. On reprend, tu me résumes tout ça en 30-40 secondes, le plus naturellement possible.

2- INTÉRIEUR SOIR. CHAMBRE OU BUREAU.

ISABELLE : alias Canneberge. Fait de l’embonpoint, fille normale mais intelligente, allumée, curieuse, bavarde. Manque de confiance en elle.

STÉPHANE : alias Isocèle. Jouflu, barbe, ordinaire, yeux bleus, pantalons sports. Qualités psychologiques semblables à Isabelle.

Isabelle et Stéphane clavardent pour la première fois ensemble. On voit Isabelle ajouter Stéphane, puis débuter la conversation en commentant son statut. Le courant passe bien.

«
Canneberge
C’est pas vrai! Toi aussi tu aimes Camille!

Isocèle – The money noooooote
Oui! J’aime surtout son 2e cd. J’l’ai écouté pendant 10 mois de suite.

Canneberge
Moi j’l’ai vue aux dernières francos, à son show gratuit.

Isocèle – The money noooooote
Moi c’tait deux semaines après.

Canneberge
J’pensais c’tait juste à moi que ça arrivait, d’être en retard par rapport au show. Moi j’ai manqué la tournée d’Amnesiac, à l’époque je commençais juste à découvrir Ok Computer.

J’aime beaucoup la polyphonie de Pâle septembre, la structure de la chanson est cool aussi, j’aime pas quand c’est toujours couplet-refrain. J’aime quand on joue avec la chronologie – dans les films aussi.

Isocèle – The money noooooote
Pâle septembre est ma toune préférée de Camille.
Donc t’as vu 21 grams, je suppose?

Canneberge
Yep! Et Memento, Babel et...

Isocèle – The money noooooote (la coupant)
Magnolia.

Canneberge (une seconde plus tard)
Magnolia.

Isocèle – The money noooooote
... Moi c’est Stéphane, en passant.
»

3- EXTÉRIEUR JOUR. COUR D’ÉCOLE.

ISABELLE ENFANT : Petite fille, environ 7 ans, cheveux blonds, bouclés, yeux bleus, brillante, curieuse, mais rejetée, éprouve des difficultés sociales, aime avoir l’attention

LES ENFANTS : Ordinaires, habituels, cruels sans le savoir ou le souhaiter

Isabelle, timide, s’approche d’un groupe d’enfants.

ISABELLE
Est-ce que je peux jouer avec vous?

Premier groupe d’ENFANTS
Oh! Isabelle la poubelle! Isabelle est pas belle! T’es pleine de poux Isabelle. Attention, alerte aux poux, Isabelle est là! S.O.S Alerte aux poux! (on entend les enfants imiter une ambulance et rire)

Les enfants partent à courir, ceux qui sont autour d’Isabelle s’éloignent, d’autres font des grimaces pour qu’Isabelle tente de les attraper. Isabelle les ignore. Elle regarde au sol, triste et se dirige vers une balançoire libre.

Second groupe d’ENFANTS
Oh, ça pue! Tassez-vous, Isabelle s’en vient.

Les enfants s’éloignent en se bouchant le nez et en grimaçant. Isabelle prend place sur la balançoire, l’air triste.

4- INTÉRIEUR JOUR. SALLE DE CLASSE.

ISABELLE ENFANT

LES ENFANTS

L’ENSEIGNANTE : Enseignante de métier, conjugue rigueur et souplesse, croit en ce qu’elle fait


Un enfant qui a intimidé Isabelle auparavant reçoit la médaille de « bon comportement », et repart heureux, sans que l’enseignante ne soit conscience de tout ce qui se passe en coulisse.

L’ENSEIGNANTE
Voilà, les méritas du mois de novembre sont maintenant tous distribués. Je vous félicite pour tous vos bons efforts. Nous allons maintenant parler d’un autre sujet. Vous vous souvenez qu’il y a une semaine, vous aviez fait un sondage pour le programme Ancre contre l’intimidation. Vous deviez me nommer, en secret, les personnes qui étaient les plus intimidés en classe. Encore une fois, cette année, c’est Isabelle. Isabelle, ma belle, j’aimerais ça que tu viennes en classe expliquer comment on se sent quand on est intimidé, pour que mes amis comprennent bien.

Isabelle s’avance, affrontant gêne et volonté de s’affirmer.

ISABELLE ENFANT (peut-être improvisé par l’enfant – idée de base)
Quand vous me dîtes des gros mots, ça me fait de la peine. Y’a personne qui veut jouer avec moi. J’aimerais ça avoir des amis. Je suis pas méchante avec vous, je comprends pas pourquoi vous voulez pas être ami avec moi.
(s’embarquant un peu dans un récit narcissique, comme le fait tout enfant)
En éducation physique vous dites que je suis poche. Je sais que je sais pas comment attraper le ballon. Mais si y’a jamais personne qui meul’ lance, je vais jamais apprendre comment attraper. C’est tout le temps les mêmes qui ont le ballon, c’est pas juste, moi aussi je veux jouer.

5. INTÉRIEUR JOUR. GYMNASE.

ISABELLE ENFANT

LES ENFANTS

MICHEL LAJOIE ENFANT : Enfant normal, yeux bleus, cheveux bruns, pas trop populaire, dans la moyenne

ENSEIGNANT D’ÉDUCATION PHYSIQUE : Un peu bedonnant, bon gars, cheveux gris, barbe

Isabelle tente de se démarquer en jouant au basket-ball, dans son cours d’éducation physique. Michel lui lance le ballon, par compassion.

3 sept. 2009

Je lisais sur Woody Allen et sur le fait que tous ses personnages sont un peu un fragment de sa personne.

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Idée de réplique aussi :

A (ironique) - De toute manière, avec mes 150 amis sur facebook...
B - Toi aussi tu utilises les gens comme moyen?

Non, c'est mauvais finalement. mais j'avais de bonnes lignes en tête, il y a 7 jours.

J'écrirai plus tard.

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Vraiment hâte que cette histoire de stages se règle. J'en ai marre.